Transport fluvial : au Havre, l’épilogue d’un très long feuilleton
Nathalie Jourdan
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Le futur chenal, protégé par la digue, mesurera près de 2 kilomètres de long.
Photomontage Haropa
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Le futur chenal, protégé par la digue, mesurera près de 2 kilomètres de long.
Photomontage Haropa
Hervé Martel, patron du port de Marseille, ne voulait pas en entendre parler lorsqu'il commandait le port du Havre (de 2012 à 2019). Réanimé il y a six ans par Hervé Morin, président de la Région Normandie, le projet verra finalement le jour. Au terme de deux décennies d'une guerre d'usure entre pro et anti, les autorités portuaires ont donné, lundi 17 mars, le coup d'envoi des travaux de construction de la digue qui doit permettre aux barges fluviales d'accéder 24 heures sur 24, et 7 jours sur 7 au pied des porte-conteneurs stationnés sur les quais de Port 2000, le port en eaux profondes et sans écluse du Havre.
L'ouvrage protégera un chenal de 2 kilomètres, malicieusement dénommé « chatière » pour marquer son rôle de point de passage. Il connectera directement le bassin de la Seine aux terminaux par où transitent 90% du trafic havrais de conteneurs. Pas exactement un point de détail. Jusqu'alors seule une dizaine de bateaux fluviaux, carrossés pour la houle, était autorisée à charger directement les « boites ». Pour les autres (90% de la flotte), un transport intermédiaire des conteneurs par navettes ferroviaires était requis, moyennant un acheminement lent et coûteux.
Autant dire que la perspective d'un accès sans restrictions aux navires mères des grands armateurs fait briller les yeux des opérateurs fluviaux. « Du jour au lendemain, on peut espérer voir au moins une vingtaine de barges supplémentaires sur les terminaux », anticipe Steve Labeylie, responsable des relations institutionnelles du groupe havrais Sogestran.
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La perspective est aussi de nature à rassurer Til, filiale de l'armateur MSC, qui investit près d'un milliard d'euros sur Port 2000 dans l'espoir d'y stimuler le trafic conteneurisé. « Le camion ne permettra jamais de massifier à la hauteur que nous souhaitons. Seul la barge et le train peuvent y parvenir », souligne à toutes fins utiles, David Elbez, son directeur général pour la France. Lequel indique avoir prévu sur ces futurs terminaux « un poste dédié pour les barges avec deux portiques ».
Nathalie Jourdan