Crash des 737 MAX : un juge rejette l'accord de plaider-coupable de Boeing
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Le crash du 737 MAX d'Ethiopan Airlines avait entraîné la mort de 157 passagers et membres d'équipage en mars 2019 (photo d'illustration).
Tiksa Negeri
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Le crash du 737 MAX d'Ethiopan Airlines avait entraîné la mort de 157 passagers et membres d'équipage en mars 2019 (photo d'illustration).
Tiksa Negeri
Boeing et le gouvernement américain vont devoir revoir leur copie. Un juge fédéral américain a rejeté jeudi l'accord de plaider-coupable conclu en juillet entre le constructeur et le gouvernement des États-Unis. La décision du magistrat du Texas remet en question l'issue de cette procédure, alors que Boeing espérait un abandon des poursuites. L'accord incluait la nomination d'un superviseur indépendant, une amende supplémentaire de 243,6 millions de dollars et un investissement minimum de 455 millions dans des programmes de conformité et de sécurité.
Il avait été conclu après que les procureurs ont estimé que Boeing avait violé un engagement précédent lié aux accidents des compagnies Lion Air et Ethiopian Airlines. Des accidents qui avaient causé la mort de 346 personnes alors qu'elles exploitaient des 737 MAX.
Dans une décision de douze pages, le juge texan a critiqué le processus de désignation du superviseur indépendant chargé de surveiller l'exécution de l'accord. Selon lui, ce mécanisme « marginalise à tort » le rôle du tribunal. Il a également jugé inappropriées les garanties en matière de diversité, d'égalité et d'inclusion (DEI) prévues pour ce processus, les qualifiant de contraires à l'intérêt public. Ne pouvant amender l'accord, le magistrat a donné aux deux parties un délai de trente jours pour proposer une solution.
Dans l'accord initial présenté au tribunal de Fort Worth, Boeing s'était engagé à renforcer ses programmes de sécurité, de qualité et de conformité. Un superviseur indépendant devait être nommé pour vérifier le respect de ces engagements sur trois ans. Ce superviseur devait être sélectionné par le gouvernement, après un appel à candidatures, avec consultation de Boeing, mais sans intervention directe du tribunal. Le juge a exprimé des inquiétudes quant à l'utilisation possible du droit de veto de Boeing, craignant qu'il soit exercé de manière discriminatoire. Il s'est aussi montré sceptique face aux garanties du gouvernement selon lesquelles le superviseur serait choisi « uniquement en fonction du mérite ».
Cette décision est saluée par les familles des victimes, qui dénonçaient depuis des années le manque de transparence du processus. « Le rejet catégorique de cet accord constitue une importante victoire pour les familles », a déclaré Paul Cassell, avocat représentant plusieurs familles, dans un communiqué. Selon lui, cette décision pourrait conduire à une renégociation en profondeur. Ne pouvant amender l'accord, le magistrat a donné aux deux parties un délai de trente jours pour proposer une solution. Ni Boeing ni le ministère de la Justice (DOJ) n'ont commenté dans l'immédiat.
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En janvier 2024, un autre incident est venu ternir l'image de Boeing : un 737 MAX 9 d'Alaska Airlines a perdu un panneau de fuselage en plein vol. Bien que cet incident n'ait causé que des blessures légères, il a mis en lumière des problèmes persistants de qualité dans la production, entraînant un renforcement de la supervision de Boeing par l'Administration fédérale de l'aviation (FAA).
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Mike Whitaker, patron de la FAA, a insisté sur l'importance d'un « changement culturel fondamental » chez Boeing, axé sur la sécurité, la qualité et la formation des employés. « Comme attendu, Boeing a avancé dans la mise en œuvre du plan complet exigé par la FAA en février dernier », a-t-il déclaré après une visite de l'usine de Renton cette semaine. L'action Boeing a terminé la séance de jeudi en baisse de 1,02 % à la Bourse de New York.
(Avec AFP)
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