United Airlines étudie l'ouverture de nouvelles lignes vers les régions françaises

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A l'occasion d'un partenariat avec Lucasfilm, un B737-800 a été repeint aux couleurs de Star Wars
A l'occasion d'un partenariat avec Lucasfilm, un B737-800 a été repeint aux couleurs de Star Wars (Crédits : DR)
Malgré les incertitudes macroéconomiques, la compagnie américaine augmente fortement ses capacités. Après avoir ouvert près de 150 lignes en trois ans, United va embaucher 34.000 personnes d'ici à 2022, dont 40% pour accompagner la croissance de l'offre qui s'annonce massive. Après l'annonce de l'ouverture en mai prochain de la ligne Nice-New York, United étudie la possibilité de lancer à l'avenir de nouvelles lignes en France: Lyon, Marseille et Bordeaux sont citées.

Avec un bénéfice d'exploitation de 3,4 milliards de dollars enregistré au cours des neuf premiers mois de l'année, en hausse de 32,6%, les déboires du Boeing 737 MAX n'ont pas remis en cause les résultats financiers de United Airlines. Ils n'ont pas remis en cause non plus son plan de croissance que la troisième compagnie américaine déroule depuis trois ans, plan au cours duquel 144 nouvelles lignes ont été ouvertes (117 sur le réseau intérieur et 27 à l'international).

Les effectifs de la compagnie vont bondir de 15% d'ici à 2022

L'immobilisation des 14 B737 MAX en opération au moment de la suspension de vol de l'avion le 10 mars dernier et la non-livraison de la quinzaine d'autres exemplaires qui devaient intégrer la flotte cette année, l'ont certes contrainte à réviser à la baisse ses prévisions de croissance en 2019. Mais, avec une hausse de 3,5% contre 6% prévue, celle-ci reste néanmoins correcte. Surtout, elle va continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années.

"Nous prévoyons de recruter 34.000 nouveaux employés d'ici à 2022, 60% pour remplacer les départs naturels et 40% pour accompagner la croissance de l'offre", a indiqué ce vendredi à Chicago Kate Gebo, la directrice des relations humaines de United, à l'occasion d'un "Media Day".

Composés aujourd'hui de 90.000 employés, les effectifs de la compagnie vont bondir de 15% d'ici à trois ans, à plus de 103.000 personnes. A l'heure où les nouvelles technologies permettent aux compagnies aériennes de croître en réduisant les effectifs, ces embauches traduisent une hausse des capacités qui s'annonce forcément massive, même si United n'a pas souhaité la préciser.

Sept milliards de dollars dans le renouvellement de la flotte en 2020

Elle le sera en 2020, tant à l'international, en raison de l'amélioration de l'utilisation des avions et de l'arrivée dans la flotte de 17 gros-porteurs, que sur le réseau intérieur, avec la remise en service attendue du MAX en janvier. Si tel est le cas, United compte en exploiter entre 40 et 50 exemplaires l'an prochain.

"Nous allons investir 7 milliards de dollars en 2020 dans l'arrivée de nouveaux avions", a indiqué le président de United, Scott Kirby.

Cette hausse de capacité sur le réseau intérieur sera particulièrement forte à Denver, l'un des sept hubs de la compagnie, où une cinquantaine de vols quotidiens sera ajoutée l'an prochain. A l'international, United entend conforter son statut de numéro un américain en continuant d'ouvrir de nombreuses lignes au départ de Newark (Le Cap à la fin de l'année, Curaçao, Nice, Palerme, ajout d'un sixième vol entre Newark et Londres...) ou de Chicago.

De plus en plus de vols directs en Europe

Ce plan de croissance est particulièrement visible en Europe où la compagnie américaine dessert déjà 28 destinations. Les ouvertures récentes de Prague et de Venise, celles à venir l'an prochain de Palerme, de Nice traduisent un changement de stratégie. Dès que le potentiel de trafic est au rendez-vous, United n'hésite pas à ouvrir des vols directs vers des destinations desservies jusque-là par son partenaire Lufthansa via ses hubs de Francfort ou Munich.

"Nous regardons les destinations sur lesquelles la présence de nos partenaires de Star Alliance n'est pas trop importante", a expliqué en aparté à "La Tribune" Andrew Nocella, le directeur commercial de United.

Et cela va continuer, et peut-être en France.

Alors qu'elle dessert déjà Paris au départ de plusieurs villes américaines, et a annoncé l'ouverture en mai prochain d'un vol New York-Nice pour la saison d'été, la compagnie étudie la possibilité de desservir à terme de nouvelles villes françaises.

"Pour le futur, nous regardons Lyon, Marseille et Bordeaux, mais il n'y a pas de projet actuellement", a précisé à "La Tribune" Andrew Nocella.

Reconfiguration des cabines

Cette hausse des capacités s'accompagne d'investissements pour améliorer l'expérience client au sol (visualisation de la cabine en 3D pour le choix du siège lors de l'enregistrement en ligne, lancement d'un service de livraison du bagage à l'hôtel pour les passagers de la classe affaires entre Newark et Londres logeant dans des hôtels Marriott, miles valables à vie...) comme en vol, notamment une montée en gamme dans le produit à bord sur les avions long-courriers (sièges convertibles en lit et configuration des sièges en 1-2-1 en classe affaires permettant à tous les passagers d'avoir accès au couloir). Aujourd'hui présente sur 50% de la flotte, la reconfiguration des cabines long-courriers sera effective l'an prochain sur 90% de la flotte.

"L'augmentation des capacités entraîne un contrôle des coûts qui permet d'investir dans les services au client et d'augmenter le chiffre d'affaires à un niveau supérieur à celui du carburant : c'est un cycle vertueux qui sera valable pour les prochaines années", a assuré Scott Kirby.

Encadré «Convaincre les passagers que le B737 MAX est sûr»

Alors que Boeing table sur une certification d'ici à la fin de l'année des modifications apportées à son système anti-décrochage, United n'a pas prévu de faire revoler l'avion avant janvier prochain. Le transporteur se prépare à affronter les craintes des passagers.

« Le gros défi auquel nous serons confrontés est de convaincre le public que l'avion est sûr. Les clients ne sont pas à l'aise à l'idée de voler sur le MAX », a expliqué ce vendredi à Chicago Oscar Munoz, le directeur général de United.

La compagnie accepter de modifier sans frais les vols des passagers qui ne voudront pas voler sur un B737 MAX et ne cherchera pas à cacher l'identité de l'avion au moment de la réservation du billet par le passager.

"Nous voulons être transparents", a indiqué Oscar Munoz.

Parmi les quatre grandes compagnies nord-américaines exploitant le MAX au moment de son immobilisation en mars, United était la moins pénalisée. Elle ne comptait que 14 avions, contre 35 pour Southwest et 24 pour American. Selon son rapport annuel 2018, elle avait prévu d'exploiter 30 exemplaires en 2019. La compagnie a commandé au total 120 exemplaires. F.G.

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