LA TRIBUNE - Depuis juillet 2020, vous êtes adjointe à la maire de Paris, chargée de l'alimentation durable, de l'agriculture et des circuits courts. Qu'avez-vous fait jusqu'à présent pour répondre à cette mission plutôt inédite dans une grande ville?
AUDREY PULVAR - Depuis juillet, nous avons organisé énormément de rencontres et de rendez-vous avec des responsables de syndicats agricoles, des Chambres d'agriculture, de la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer), du Groupement des agriculteurs bio d'Île-de-France, etc. Nous avons aussi visité beaucoup d'exploitations, ainsi que des ateliers de transformation tels que des fours à pain, des ateliers de charcuterie, des légumeries, etc., que nous soutenons puisqu'ils permettent aux producteurs de capter davantage de valeur ajoutée. Nous avons aussi rencontré des acteurs du transport, de la logistique, de la distribution alimentaire.
C'était nécessaire pour bien comprendre tous les enjeux de l'alimentation durable en Île-de-France, en vue de notre mission. Anne Hidalgo a en effet fixé deux objectifs à la restauration collective dépendant de la Ville de Paris (cantines scolaires, Ehpad, restaurants Emeraude, restaurants administratifs, aide alimentaire), qui représente 30 millions de repas par an. Le premier objectif est de porter à 100% la part d'aliments bio ou "durables", c'est-à-dire produits dans de bonnes conditions environnementales, sociales et dans le respect du bien-être animal. Le deuxième est que 50% de ces aliments soient produits dans un rayon de 250 kilomètres autour de Paris. Aujourd'hui, la part du bio ou "durable" dans la restauration collective à Paris est de 53%, et les produits parcourent en moyenne 650 kilomètres. Pour atteindre les nouveaux objectifs fixés par la maire de Paris, il nous faudra donc développer une offre de proximité beaucoup plus importante que celle dont nous disposons dans la région Île-de-France, qui sera notre principal bassin de fournisseurs.