Avec huit autres acteurs du numérique et de l'alimentation, l'appli de notation Yuka a élaboré un premier indicateur de l'impact environnemental des produits alimentaires. Suggéré par la Convention citoyenne pour le climat, il doit permettre aux consommateurs d'orienter leurs choix.L'une des propositions de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), celle de créer un "score carbone" des produits de consommation, peut désormais s'appuyer sur un premier outil de mise en oeuvre.
L'application de notation des aliments Yuka, avec ses deux homologues ScanUp et Etiquettable, la base de données OpenFoodFacts, l'épicerie bio en ligne La Fourche, les FoodTech de livraison FoodChéri et Seazon, l'appli FrigoMagic ainsi que le cabinet de conseil ECO2 Initiative, lance jeudi 7 janvier un "écoscore" : un indicateur de la performance environnementale des aliments. François Martin, cofondateur de Yuka, explique à La Tribune les fondements de cet outil, qu'il faudra continuer de perfectionner.
La Tribune : Comment est née l'idée de l'écoscore que vous lancez aujourd'hui ?
François Martin : Elle est venue tout d'abord de nos utilisateurs. Depuis la naissance de Yuka en 2017, ils nous demandent de noter aussi l'impact environnemental des produits. La CCC, qui a fait d'un "score carbone" l'une de ses mesures phares, est venue renforcer cette exigence, afin de permettre aux consommateurs des choix plus conscients. Pour l'instant, le périmètre de notre écoscore est limité aux aliments, mais il n'est pas si négligeable si l'on considère que le système alimentaire est responsable de 30% des gaz à effet de serre de la planète.
Comment avez-vous procédé ?
Nous travaillons à l'élaboration de cet écoscore depuis un an et demi, avec d'autres entreprises et organisations, notamment du secteur numérique, qui avaient la même ambition. Pour mutualiser nos ressources, mais aussi parvenir à un outil unique, nous avons formé un collectif dont la mission était justement de créer un indicateur prenant en compte les impacts environnementaux liés à notre consommation alimentaire. Ce travail s'est inscrit dans une initiative du gouvernement, qui en janvier 2020 a proposé à divers acteurs de créer et tester des indicateurs environnementaux des aliments à partir d'une base de données élaborée par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), Agribalyse. Les résultats seront ensuite comparés, pour qu'éventuellement l'État en choisisse un qu'il imposera à tous.