« C’est presque par égoïsme que nous devrions préserver les océans » (Maud Fontenoy, navigatrice)
Propos recueillis par Lysiane J. Baudu
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La surface de la Terre est couverte aux trois quarts par de l'eau, et pour une grande partie, ce sont des océans. À quoi servent-ils ? Pourquoi est-ce important de les protéger ?
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Maud Fontenoy D'abord, la vie est née dans les profondeurs de l'océan, il y a 3,8 milliards d'années. Sans cette petite particule de vie, sans ce passé, nous ne serions pas là, sur Terre. Reste à savoir si nous avons, avec les océans, un avenir, puisqu'ils sont non seulement à l'origine de la vie, mais aussi source de vie. Au-delà de la nourriture qu'ils apportent - et je rappelle qu'ils fournissent l'essentiel des protéines consommées par un tiers de la population mondiale - ils servent également à réguler le climat, grâce, notamment, aux courants marins comme le Gulf Stream, et à absorber le dioxyde de carbone que nous émettons de plus en plus à travers nos activités. Les océans sont aussi responsables de la moitié de l'oxygène, autrement dit, un humain sur deux respire grâce à eux. Pourtant, aujourd'hui, on explore plus volontiers la surface de la Lune que les océans. Or ce manque d'intérêt pourrait nous coûter la vie. Pendant combien de temps encore les océans vont-ils être capables d'absorber le dioxyde de carbone ? Ils s'acidifient de plus en plus. Pendant combien de temps encore vont-ils subir les assauts des déchets plastiques ? Sous forme de microparticules, ils se retrouvent partout, même au plus profond des océans, et nous les absorbons. Par ailleurs, les océans participent également à perpétuer le cycle de l'eau sur la planète : elle s'évapore puis revient, sous forme de pluie, mais c'est toujours la même. Enfin, l'eau de mer est également de plus en plus dessalée, et ce sont environ 300 millions de personnes, autour de la Méditerranée, dans les pays du Golfe arabo-persique, en Australie, qui en consomment chaque jour. Il s'agit donc de voir les océans non seulement comme des éléments vitaux pour les humains mais aussi « globaux », alors que pour beaucoup, l'océan c'est uniquement ce qui borde la plage sur laquelle ils se prélassent de temps en temps... En fait, il est tout proche, tous les jours, puisque la pollution, notamment aux microparticules de plastique, se retrouve partout, y compris dans les sushis ! Et les océans peuvent aussi être considérés comme des pays et donc des puissances économiques. Avec ce qu'ils rapportent en termes de services rendus, ils seraient la 7e puissance économique mondiale, avec près de 2 500 milliards de dollars de richesse annuelle.
Propos recueillis par Lysiane J. Baudu