Financement de la transition bas carbone : pourquoi le signal fort envoyé par BlackRock n'est pas suffisant
Juliette raynal
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Laurence Douglas Fink dit Larry Fink, né en 1952, est le Pdg de BlackRock, le leader mondial des sociétés de gestion d'actifs et d'investissements. Il gère plus de 8.600 milliards de dollars pour le compte d'investisseurs institutionnels, de grosses...
BlackRock, le plus grand gestionnaire d'actifs de la planète s'est engagé sur la neutralité carbone à l'horizon 2050. Un signal majeur pour accélérer la transition écologique, mais qui revêt encore de nombreuses limites. Si d'autres initiatives pour le climat se multiplient dans le secteur financier, elles restent minoritaires et doivent encore faire leurs preuves. La question de la formation des acteurs financiers aux questions du climat et de la transition apparaît déterminante.
C'est devenu un rituel. Chaque année depuis 2008, Larry Fink, le patron du très puissant gestionnaire d'actifs BlackRock, adresse une lettre ouverte aux entreprises dans lesquelles il est actionnaire. En 2020, sa lettre a marqué un tournant. Pour la première fois, Larry Fink affirme vouloir faire de la durabilité sa nouvelle norme d'investissement. Une révolution dans le monde de la gestion d'actifs.
Il y a quelques jours, le PDG de BlackRock s'est de nouveau prêté à l'exercice et a publié sa missive 2021, un cru très attendu après une année de crise sanitaire. Résultat, Larry Fink enfonce le clou : il enjoint toutes les entreprises dans lesquelles il a investi à se diriger vers la neutralité carbone à l'horizon 2050, engageant ainsi BlackRock sur la même trajectoire.
Concrètement, Larry Fink demande aux entreprises dans lesquelles il place l'argent de ses clients de "publier un plan indiquant comment leur modèle économique sera compatible avec une économie à zéro émission nette", c'est-à-dire une économie qui n'émet pas plus de CO2 qu'elle n'en retire de l'atmosphère.
"Aucune entreprise ne peut aisément élaborer de plan précis sur trente ans, mais nous pensons que toutes les entreprises - y compris BlackRock - doivent commencer dès aujourd'hui à se pencher sur la transition vers le zéro net", écrit-il.
Un signal majeur
Cette annonce constitue un signal majeur pour accélérer la transition écologique, qui nécessite une redirection massive des flux financiers pour accompagner la transition des acteurs les plus polluants. Selon la Climate Bond Initiative, il faudrait mobiliser 100.000 milliards de dollars d'ici à 2030 pour financer les infrastructures vertes compatibles avec l'Accord de Paris, qui vise à contenir le réchauffement climatique à 1,5°C. C'est plus que tous les actifs sous gestion dans le monde, soit 92.000 milliards de dollars en 2018.
La force du nouveau signal de Larry Fink est directement liée à l'influence considérable de BlackRock. Plus gros gestionnaire d'actifs de la planète, il gère plus de 8.600 milliards de dollars pour le compte d'investisseurs institutionnels, comme les fonds de retraites et les compagnies d'assurance, ou encore de collectivités locales ou de riches fortunes. Via les marchés mondiaux, cet argent est investi dans les plus grandes multinationales à l'image de Facebook et Apple, mais aussi la compagnie pétrolière ExxonMobil, par exemple. Au total, BlackRock est au capital de 40% des entreprises américaines et dans la moitié des sociétés du CAC40.
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