« Il faut comprendre que, si la ressource eau est illimitée, elle n’est pas infinie » (Agathe Euzen)
Propos recueillis par Patrick Cappelli
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Pourquoi le CNRS a-t-il décidé de créer une Cellule Eau ?
Parce que l'eau est un enjeu primordial. De nombreux chercheurs travaillent sur cette thématique sous des angles extrêmement variés qu'il est fondamental de mettre en valeur. Or, pour répondre aux enjeux d'aujourd'hui et surtout de demain, il nous est apparu nécessaire de rendre visibles les travaux de recherche et les compétences du CNRS dans ce domaine, ainsi que les partenariats existants avec le monde socio-économique. Cette Cellule Eau a permis d'identifier plus de 210 laboratoires sur les 1 100 du CNRS, soit plus de 2 900 chercheurs qui travaillent d'une manière ou d'une autre sur l'eau.
Quel est son rôle ?
C'est le point d'entrée pour les autres organismes de recherche, les instances d'État et gouvernementales, comme les Agences de l'Eau, et l'ensemble des acteurs privés concernés. Par exemple, je l'ai présentée à plusieurs reprises auprès de régions mais aussi de Fédérations et d'entreprises avec lesquelles le CNRS développe des collaborations. Il s'agit de s'appuyer sur les forces locales en les inscrivant à l'échelle nationale pour co-construire des actions, par exemple sur les micropolluants ou les impacts locaux dus au dérèglement climatique à l'échelle d'une région.
Quels sont les dangers majeurs qui menacent l'eau et sur lesquels il faut agir rapidement ?
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Nous devons comprendre que, si la ressource est illimitée - car elle suit un cycle - elle n'est pas infinie. Le cycle de l'eau permet son renouvellement, mais il est déréglé par le réchauffement climatique et les pressions anthropiques (facteur de stress d'origine humaine provoquant des perturbations, des dommages ou la perte d'un ou plusieurs composants d'un écosystème de manière temporaire ou permanente, N.D.L.R.). Nous sommes face à des phénomènes de réchauffement dans certaines régions qui ont des conséquences sur les précipitations et sur l'exacerbation de phénomènes extrêmes de type inondations ou sécheresses. La saisonnalité des précipitations change, ce qui impacte la logique de recharge spécifique, en hiver notamment. Un changement qui se répercute sur les nappes phréatiques et sur l'écoulement et le débit des cours d'eau. Si on prélève à outrance, on vide les nappes et les cours d'eau. Cela qui conduit à des concentrations plus fortes d'intrants et d'effluents dans les milieux. Sachant que les territoires sont inégaux devant ce dérèglement : certains absorbent plus rapidement les pollutions que d'autres.
Propos recueillis par Patrick Cappelli