L'économie de matériaux, essentielle à la lutte contre le réchauffement

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Selon le groupe d'experts, tous les pays devraient intégrer l'économie circulaire dans leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN).
Selon le groupe d'experts, tous les pays devraient intégrer l'économie circulaire dans leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN). (Crédits : iStock)
Sans une meilleure gestion des ressources, notamment de celles utilisées pour édifier des maisons et fabriquer des voitures, on ne limitera pas le réchauffement à 1,5°C, met en garde un rapport du Groupe international d'experts sur les ressources.

Abandon des énergies fossiles pour plus de renouvelables, efficacité énergétique... si ces efforts sont toujours indispensables afin de contrer la crise climatique, l'objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C ne pourra pas être atteint sans économiser aussi les matériaux utilisés dans la construction et l'industrie manufacturière, notamment pour édifier des maisons et fabriquer des voitures. Telle est la mise en garde lancée à la COP25 par le Groupe international d'experts sur les ressources (Gier).

Dans un "Résumé pour les décideurs" écrit sur demande du G7 et publié mercredi, ce groupe d'experts scientifiques indépendants créé par l'ONU en 2007 appelle donc tous les pays à intégrer la lutte contre le gaspillage des matériaux dans leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN).

"Actuellement, seuls le Japon, l'Inde, la Chine et la Turquie mentionnent l'utilisation efficace des ressources, la gestion des ressources, l'efficacité des matériaux, l'économie circulaire ou la consommation comme mesures d'atténuation explicites dans leurs CDN", regrette en effet le rapport.

Jusqu'à 25 gigatonnes de CO2 en moins dans les pays du G7

Entre 1995 et 2015, les émissions de gaz à effet de serre liées à la production de métaux, bois, minéraux et plastiques ont plus que doublé, jusqu'à représenter presqu'un quart du total, relève le Gier. Mais corriger le tir est toujours possible, souligne le groupe d'experts, y compris dans les deux industries où la production de matériaux génère le plus d'émissions. Une meilleure gestion des matériaux de construction d'édifices résidentiels en Chine, en Inde et dans les pays du G7 permettrait en effet de réduire les émissions liées à leur production jusqu'à 80% en 2050. A la même échéance, réduire les matériaux utilisés dans la fabrication des voitures pourrait faire baisser les émissions dues à leur production de 50% en Inde, 60% en Chine et 70% dans les pays du G7.

De telles économies sont loin d'être anodines. Dans les pays du G7, elles impliqueraient une réduction des émissions pouvant atteindre 25 gigatonnes entre 2016 et 2060: plus du double des émissions annuelles de toutes les centrales électriques au charbon du monde.

Des "maisons partagées" et des "unités plus petites"

De surcroît, de telles performances sont possibles en utilisant des technologies et des stratégies déjà existantes, comme la prolongation de la durée de vie des produits et la réutilisation des composants, souligne le Gier.

Dans le secteur de la construction, "les stratégies les plus prometteuses comprennent une utilisation plus intensive de l'espace (par exemple, une réduction des surfaces), le remplacement du béton et de la maçonnerie par du bois produit de manière durable, l'amélioration du recyclage et la construction de maisons plus légères en utilisant de l'acier, du ciment et du verre moins carbonés", écrivent les experts, qui évoquent également le développement de "maisons partagées" d'"unités plus petites".

Quant aux émissions liées à la production de voitures individuelles, le Gier insiste sur la nécessité de recourir au covoiturage, ainsi que d'abandonner les gros SVU.

La nécessité d'"environnements politiques et d'incitations favorables"

Le rôle des Etats est toutefois essentiel:

"Beaucoup de ces réductions d'émissions ne seront possibles que si les pays créent des environnements politiques et des incitations favorables", indique le rapport.

"Les politiques qui s'appliquent à tous les secteurs auront un impact plus important que celles ciblant un seul secteur", met toutefois en garde le Gier, en citant parmi les meilleurs mesures "la certification des bâtiments", "les marchés publics écologiques", "les taxes sur les matériaux vierges", "les règlements exigeant un certain pourcentage de contenu recyclé", ainsi que "la suppression des subventions sur les matériaux vierges".

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Commentaires
a écrit le 14/12/2019 à 10:11 :
A part dans La Tribune, cette information emanant du GIER n'a ete reprise nul part. Dommage car si tout le monde avec juste raison est focalise sur le changement climatique et les emissions de CO2 , peu s'inquiete de la rarefaction a vitesse rapide des ressources naturelles non renouvelables (NNRs). Et pourtant cela va etre un facteur aggravant car limitant les strategies de lutte contre le rechauffement climatique.
En 1900 les NNRs pesaient 10% de la production industrielle et 7 Gt
En 2000 elles pesaient 50Gt
Actuellement 85 Gt avec une prevision a 183Gt en 2050
Avec la technologie d'aujourd hui on peut recycler environ 35% de ces ressources.
Le stock des ressources les plus critiques ( si j'exclue evidemment le petrole conventionel et non conventionnel qui vont vite mettre tout le monde d'accord car en depletion rapide) vont avoir un grave effet limitant pour la croissance mondiale comme le sable dont la consommation est en progression de 20% par/an (merci la Chine) et qui n a pas de substitut (parce que le sable du desert est inapte a la construction), le phosphate (dont les reserves prouvees sont a la fois surevaluees, gourmand en energie pour son extraction/transformation/transport et situe dans une zone geographique hautement instable (Sahara Occidental) ou dans un pays peu partageur (la Chine), le cobalt (50% des reserves en RDC) etc etc.. Une strategie a la fois de sobriete d'usage, d'innovations techno (recyclage ou substitut) et de stockage strategique pourraient avoir un effet mais cela semble trop tard et trop peu en regard des enjeux (croissance demo, rechauffement climatique, instabilite geopolitique).
a écrit le 14/12/2019 à 9:59 :
C'est bien malheureux d'en arriver là, car la teneur en CO2 est déterminée par la température, et non le contraire comme le GIEC essaie de nous le faire croire. Ci-cliquable un site explicatif :
https://contreveritesclimatiques.wordpress.com/
Réponse de le 14/12/2019 à 11:56 :
Marcel etes vous Dieu ? Auriez vous raison contre 15 000 scientifiques qui enoncent et prouvent factuellement le contraire :) ?
Réponse de le 14/12/2019 à 21:57 :
C'est sûr que si vous ne regardez pas le site, vous ne risquez pas de savoir...
.
Autrement écrit, si vous étiez Allemand en 1938, vous auriez une confiance aveugle à la commission des races du gouvernement.
a écrit le 14/12/2019 à 8:19 :
Ces 30 dernieres années ,la population française a augmentée à un rythme de 0.7%/an.Si on projete ce chiffre sur l'an 2100 , dans seulement 80 ans ,la population française augmentera de 75 % soit ''''''50 MILLIONS DE FRANCAIS EN PLUS ''''''' !On le mettra ou et comment les nourrir !Quand à la population mondiale ,c'est 15 milliards de prevus fourchette haute !Alors toutes ces considerations sur ceci ou cela n'ont aucune valeur car elles serront balayées par la demographie anarchique de l'espece humaine .Il faut que les gens ,les jeunes sachent ça mais on les enfume avec le CO2 comme si le co2 n'était pas qu'un effet d'une cause beaucoup plus fondamentale ,la proliferation de l'espece humaine .L'enorme responsabilité actuelle des adultes c'est de faire actuellement le bon diagnostic et de le dire aux jeunes car dans 80 ans c'est de ça qu'ils accuseront leurs grands peres ,ne pas les avoir avertis du vrais probleme et n'avoir rien fait pour le traiter !Alors rendez vous pour les bébés actuels en France dans 80 ans avec 50 millions de français en plus ,tous au coude à coude ,on pourra respirer le co2 de la bouche du voisin ...........
a écrit le 13/12/2019 à 18:43 :
Autorisons déjà les particuliers à pouvoir prendre tous les déchets jettés par d'autres particuliers mais surtout aussi par les professionnels, première des initiatives indispensables pour une économie circulaire, par exemple des déchetteries laissant exposés des dechets pour une année avant leur destruction.

Mais d'abord et avant tout interdire toute destruction de produits neufs comestibles ou pas, périmés ou pas, la nourriture pouvant faire office de composte, interdire également la commercialisation de tous les produits de basse qualité, non réparables et ne pas les retrouver dans les fêtes foraines svp, circuit d'écoulemant massif de produits mauvais voir dangereux essentiellement chinois.
Réponse de le 13/12/2019 à 19:50 :
"avant leur destruction" à part le bac incinération, le reste est valorisé, les cartons, les métaux, l'électronique, etc etc mais faire durer (remise en état et vente d'occasion) est préférable à extraire péniblement les métaux (ça doit être coton d'isoler l'or qui plaque le cuivre dans les appareils genre téléphones ou ordinateurs).
Mon détecteur de mouvement de l'étage, qui remplace un interrupteur et allume l'éclairage quand je monte l'escalier ou sort d'une pièce, est mort après 6 années, est-ce trop peu ? L'ai démonté en coupant l'arrière (une sorte de couvercle mais collé, encastré dans le mur), sorti l'électronique et remplacé le triac (qui fatigue car prend le sur-courant de filament froid à la mise sous tension), c'est reparti pour 6 ans. Combien de temps devrait-il durer sans panne ? 20 ans ? 30 ? A 14 euros, je crois, que doit-on exiger comme durabilité ? Ma première imprimante à aiguilles, 5000F, MX80, 900euros, et ne faisait que du texte sans fioriture, pas d'italique, ni gras, exposant, autre, fallait en avoir besoin pour dépenser autant (époque du DOS) !!
Réponse de le 14/12/2019 à 8:34 :
Vous semblez avoir les moyens vous ,interdire les produits de basse qualité c'est favoriser les produits chers et en exclure ceux qui n'ont pas les moyens de se les payer !Quand à la reparabilité ça me fait sourire !Qui repare ,les professionnels de la reparation qui travaillent comme leurs homologues de la reparation automobile à 40€ de l'heure TTC et 1 heure ,entre l'ouverture de l'appareil ,faire le bon diagnostic ,commander la piece defectueuse ,la remonter ,tester l'appareil et établir la facture c'est pas beaucoup !Si vous avez un seche cheveux ,un grille pain ,un mixeur ext ......tout objet que l'on trouve neuf justement aux alentours de 40 e vous faites quoi !Ca coute simplement plus cher à faire reparer que d'acheter neuf!Quand aux cafés-reparation à par resserer des vis ,voir si des soudures tiennent,ils n'ont aucune piece de rechange et c'est surrement pas eux qui vont les commander à la place du client car il faut payer d'avance les pieces et de toutes façons ,ils ne voient que du petit electromenager car quand on va chez eux ,on n'amene pas sa machine à laver ,son frigo ou son congelateur sous le bras !Entre les idées de salon et la réalité il y a un monde ,celui de la verité de la vrais vie qui n'est pas dans le discourt écolo niais que l'on entend .........
Réponse de le 14/12/2019 à 10:19 :
@ multipseudos: "Vous semblez avoir les moyens vous ,interdire les produits de basse qualité c'est favoriser les produits chers et en exclure ceux qui n'ont pas les moyens de se les payer !"

Aucun humain ne peut être assez bête pour écrice ça...

Je ne lis pas le reste, perte de temps évidente, et je te signale.

ET de grâce si je dois me taper cette stupidité vous virez mon commentaire de base sinon c'est 100 balles.

Faisons payer la bêtise et vous verrez que nous en subirons beaucoup moins !

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