La finance mondiale s'engage à la neutralité carbone en 2050 mais ne convainc pas

 |  | 692 mots
Lecture 4 min.
(Crédits : Toby Melville)
Une quarantaine de banques mondiales se sont réunies sous le collectif "Net-Zero Banking Alliance" pour s'engager à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Parmi elles, BNP Paribas, Société Générale, Barclays, HSBC, Bank of America, ou encore Deutsche Bank.

De grands acteurs de la finance ont décidé de faire un pas de plus en faveur du climat, en affichant leur ambition d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050. Un engagement qui ne convainc cependant pas les défenseurs du climat.

43 banques internationales se sont engagées sous la houlette de l'ONU pour atteindre la neutralité carbone "d'ici à 2050 ou plus tôt", tandis que plusieurs assureurs doivent faire de même dans les mois qui viennent, a annoncé mercredi l'initiative financière de l'ONU pour l'environnement (UNEP FI), qui chapeaute l'opération.

Cette "Net-Zero Banking Alliance" s'inscrit dans le cadre de la "Glasgow Financial Alliance for Net Zero" présidée par Mark Carney, envoyé spécial de l'ONU pour le climat et l'un des organisateurs de la COP 26, qui se tiendra à la fin de l'année à Glasgow, en Ecosse.

"C'est une des multiples initiatives et ça devient compliqué à suivre dans le détail", a réagi Lucie Pinson, directrice de l'ONG Reclaim Finance, et qui évoque une "diversion".

Parmi les banques qui ont adhéré à cette initiative figurent les françaises BNP Paribas, Société Générale et la Banque Postale, ainsi que les britanniques Barclays et HSBC, la suisse Crédit Suisse ou encore l'espagnole Santander.

"Beaucoup de bruit pour pas grand-chose"

Tous les établissements signataires se sont engagés, entre autres, à aligner leurs portefeuilles d'investissements et de crédits avec un objectif de neutralité carbone "d'ici à 2050 ou plus tôt", et à se donner des objectifs intermédiaires à 2030 au plus tard.

"Tous les objectifs seront régulièrement révisés afin de garantir leur cohérence avec les données scientifiques les plus récentes", a signalé l'UNEP FI.

Pour Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, cité dans un communiqué du groupe, "la signature d'un engagement commun net zéro carbone, avec des objectifs intermédiaires, constitue une étape décisive dans la mobilisation du secteur financier pour le climat" et "est un signal fort pour l'ensemble des parties prenantes".

Mais pour Mme Pinson, les objectifs pour 2030, qui doivent être dévoilés avant 18 mois, arrivent encore bien trop tard et les engagements ne prennent pas en compte les émissions d'actions et d'obligations, ce qui laisse "un trou dans la raquette".

"Cela risque de faire encore beaucoup de bruit pour pas grand-chose", souligne-t-elle en relevant que parmi les signataires, certains n'ont encore aucune politique d'exclusion concernant le charbon, pourtant l'énergie la plus polluante.

Le mois dernier, une étude réalisée par plusieurs ONG avait pointé l'augmentation des financements accordés aux producteurs d'énergies fossiles par les grandes banques entre 2016 et 2020.

Prochaine étape : les assureurs

Selon l'UNEP FI, les assureurs et réassureurs sont également en train de plancher sur une alliance du même ordre, qui rassemble à ce stade sept acteurs: Axa, Allianz, Aviva, Munich Re, Scor, Swiss Re et Zurich.

Cette alliance, qui sera présidée par Axa, devrait être lancée pour la COP 26 en novembre.

"En complément des engagements forts de l'industrie en matière d'investissements, la NZIA (Net-Zero Insurance Alliance, ndlr) propose un cadre de réflexion sur la manière d'intégrer les enjeux climatiques dans les critères de sélection des risques", a souligné Axa dans un communiqué.

"On ne peut que les appeler à faire mieux que ce qui a été annoncé aujourd'hui avec les banques", a commenté Mme Pinson.

En parallèle de ces annonces, Société Générale Assurance a fait part de sa volonté de rejoindre l'alliance Net-Zero Asset Owner, qui existait depuis septembre 2019 et rassemblait les gestionnaires d'actifs.

Cependant, l'ONG Reclaim Finance a justement pointé du doigt mercredi les gestionnaires d'actifs, qu'elle accuse dans un rapport de ne pas en faire assez.

"Bien qu'ils soient signataires de la "Net Zero Asset Managers Initiative", six gestionnaires d'actifs n'ont toujours pas adopté de politique publique d'exclusion du charbon, notamment Vanguard, DWS et Allianz GI", tance l'ONG.

A l'inverse, deux gestionnaires d'actifs interrogés par Reclaim Finance, Ostrum et AXA IM, ont une politique de sortie du charbon "assez solide", souligne l'association.

Lire aussi : Sommet Climat de Biden: Xi Jinping accepte l'invitation

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/04/2021 à 10:42 :
Le secteur agroindustriel principal vecteur de la destruction de la vie sur terre n'étant jamais montré du doigt il est bien évident que nous ne pouvons que douter de notre classe dirigeante qui savait parfaitement depuis plus de trente ans et n'a strictement rien fait donc soit ils génèrent une véritable révolution économique soient ils continuent de faire semblant et en effet ils ne convaincront pas.

BAYER-MONSANTO et son passé obscur endetté de plus de 30 milliards d'euros tandis que multinationale qui détruit la vie sur terre et pourtant jamais remise en question.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :