Après avoir revu la copie de l'Assemblée nationale sur de nombreux points, le Sénat s'apprête à approuver solennellement sa nouvelle version du projet de loi Climat cet après-midi, à l'issue de plus de deux semaines de débats intenses. Des modifications qui risquent d'être autant de points de blocage dans la recherche d'un accord sur un texte commun. Car si chacun affiche sa volonté de parvenir à un accord, tous ont aussi défini leurs « lignes rouges ».
Résultat : tandis que Marta de Cidrac (LR), l'une des rapporteures de la commission de l'Aménagement du territoire, affirme que « le Sénat a pas mal enrichi le texte », le jugement est sévère côté ministère de la Transition écologique, avec une image de circonstance: « les sénateurs ont travaillé sur la carrosserie, mais en dépeçant le moteur ». « Nous ne devons pas tomber dans le piège du green-talking et des effets d'annonce », a quant à lui prévenu Jean-René Cazeneuve (LREM), le rapporteur général du projet de loi au Palais-Bourbon, qui a voté le texte le 4 mai.
Une déception partagée par l'opposition à la Chambre haute, notamment par les écologistes, qui devraient voter contre. « Il y a vraiment des décisions désastreuses, avec plein de reports de date. Le texte ne sort pas renforcé, et nous éloigne toujours des objectifs européens de réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030, alors même que les sénateurs ont inscrit ce nouvel objectif dans la loi », souffle Ronan Dantec, chef de file des écologistes. Le groupe PS s'orientait également hier vers un vote négatif.