Municipales : l'Ademe entre en campagne pour accélérer la transition écologique
César Armand

De gauche à droite : le président de l'Ademe Arnaud Leroy et le directeur général délégué Fabrice Boissier.
C.A.
César Armand

De gauche à droite : le président de l'Ademe Arnaud Leroy et le directeur général délégué Fabrice Boissier.
C.A.
"La transition écologique et énergétique est au cœur des demandes des candidats aux élections municipales." Non, ce n'est pas le président de l'association des maires de France (AMF), François Baroin, qui s'exprime, mais Arnaud Leroy, le président de l'Ademe. L'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie vient en effet de publier "Demain, mon territoire", un livret de vingt fiches pratiques sur la révolution environnementale dans les collectivités.
En partenariat avec les associations d'élu(e)s les Eco-maires, France urbaine et l'assemblée des communautés de France (AdCF), l'Ademe y présente des "choses qui ont été mises en oeuvre" à l'échelle communale et/ou intercommunale en matière de gouvernance, d'alimentation durable, de production d'énergie, d'économies d'énergie, de rénovation éco-responsable ou encore de réduction des déchets.
Concrètement, il s'agit de documents de quatre pages qui se décomposent tous de la même manière : deux paragraphes en "Une" faisant la pédagogie de tel ou tel sujet, une page sur "Comment faire", une autre sur "Ils le font déjà" - sans nommer les collectivités concernées au nom de la réserve électorale - et une "Der" intitulée "Futur(e) élu(e), je peux...", avec la liste des action possibles.
Ce manuel de bonnes pratiques, qui sera officiellement présenté la semaine prochaine au congrès des maires (19 au 21 novembre), s'adresse en outre à tous, candidats au scrutin de mars 2020 ou maires sortants. "Il peut être repris par tous les candidats quelle que soit leur étiquette", assure Arnaud Leroy, lui-même ancien secrétaire général des Verts au Parlement européen, ex-député (PS) des Français de l'Etranger et porte-parole du candidat Macron pendant la campagne.
En réalité, non content de compter plus de 900 agents répartis en 25 implantations régionales, l'établissement public dit vouloir "s'afficher comme partenaires des territoires" et "ancrer la réflexion sur le terrain". "Sinon, ça reste un sujet de colloques et de débat", affirme le président de l'Ademe. "Nous voulons accrocher les gens, donner à manger à tous ceux qui s'y intéressent et qu'ensuite, ils habillent le corps de leurs propositions", complète le directeur général délégué, Fabrice Boissier.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

L'émanation du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche estime même que "les impulsions de l'Etat ne suffiront pas".
Dès que les élections des 15 et 22 mars seront passées, l'Ademe promet d'ailleurs de travailler avec les nouveaux élus, via des formations spécifiques. "Nous avons la volonté d'aller chercher les collectivités avec qui nous ne dialoguons pas", promet ainsi son président.
Malgré un beau budget annuel d'environ 500 millions d'euros, le principal financier de la transition écologique refuse d'être réduit à un distributeur de billets. "Les collectivités viennent chercher de l'expertise et des choix techniques, et pas seulement un chèque, assure ainsi Arnaud Leroy. Certes, c'est à nous de former les élus de demain, mais on ne pourra pas faire le travail à leur place."
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