Sobriété énergétique : Comment le Conseil régional de Bretagne veut alléger sa facture

Fortement dépendante de ressources produites hors du territoire, la Région Bretagne prône une politique énergétique sobre et volontaire pour gagner en autonomie et alléger sa facture énergétique. Les lycées, dont la consommation pourrait coûter près de 18 millions d’euros en 2022, ont pour consigne de ne pas dépasser les 19° en classe. La Région veut aussi promouvoir sa démarche EcoWatt auprès de ses 4.000 agents et plus largement des entreprises et des particuliers.
Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne.
Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne. (Crédits : Reuters)

Comme les entreprises et les particuliers, les collectivités locales subissent de plein fouet la hausse des prix de l'énergie et des matières premières dans un contexte de tension sur la sécurité des approvisionnements.

Avec près de 90% des besoins énergétiques totaux et de 85% des besoins électriques couverts par des ressources produites hors de la région, la Bretagne reste un territoire très dépendant.

« En 2010, nous avons commencé à travailler sur le Pacte électrique breton afin d'éviter le blackout. Avec les trois piliers que sont la sécurisation, le travail sur les économies d'énergie et le développement des énergies renouvelables, la feuille de route reste absolument la même » observe Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne.

Alors que le Forum économique breton (FEB 2022) s'ouvre ce mercredi à Saint-Malo, sur le thème « Construire nos indépendances » (alimentation, industrie, énergie), le président de la Région Bretagne est revenu, mardi lors d'une conférence de presse, sur les grands dossiers de la collectivité et les actions du territoire pour gagner en souveraineté.

Pour la Bretagne, qui ne produit que 20% de l'électricité qu'elle consomme (4,1 TWh environ sur 21,6 TWh), et où 75% de l'énergie consommée proviennent du gaz et du pétrole, l'enjeu est majeur. La collectivité entend donner l'impulsion et alléger aussi la note finale.

La facture des lycées en surcoût de 10 millions d'euros

A l'heure de la rentrée des 78.000 lycéens scolarisés dans les 115 lycées publics, Loïg Chesnais-Girard a ainsi annoncé que la température dans les classes ne devrait pas excéder 19 degrés.

« La consigne était orale, aujourd'hui elle devient écrite. Avec 1.500 bâtiments et deux millions de mètres carrés, les lycées, qui bénéficient depuis 2019 d'un plan d'isolation, représentent 90% de la surface des équipements publics du Conseil régional. L'énergie représente 55% des dépenses de fonctionnement d'un établissement. En 2019, la facture énergétique (fioul, gaz, électricité) s'élevait à 8 millions d'euros globalement », commente l'édile à La Tribune. « Pour 2022, on m'annonce une augmentation à 15-18 millions d'euros, soit un surcoût à près de 10 millions d'euros. Un degré en moins, c'est 7% d'économies de consommation. Nous allons mettre en place les outils d'évaluation et baisser également le chauffage dans les salles de sport ».

Comme les autres services publics régionaux, les lycées doivent prendre en compte la nouvelle donne. Les élèves seront pour leur part sensibilisés aux économies d'électricité, de chauffage et d'eau. En 2017, le budget énergétique breton était évalué à 7 milliards d'euros. Le Conseil régional, qui vise le zéro émission nette à l'horizon 2050, a estimé dans son budget primitif 2022, que la consommation d'énergie globale nécessiterait une baisse annuelle d'au moins 1,5%.

Charte EcoWatt : optimiser la consommation après 18 heures

Alors que la France pourrait subir cet hiver des coupures brutales d'électricité, la Région Bretagne engage aussi ses 4.145 agents à adhérer à sa démarche de consommation d'électricité responsable. C'est le sens du renouvellement mi-juillet de l'adhésion à la charte EcoWatt, développée par RTE et l'ADEME.

A travers ce dispositif d'alerte en temps réel sur le niveau d'électricité disponible, le territoire s'engage à renforcer davantage ses actions en faveur de la transition énergétique et de la maîtrise de la consommation par les particuliers, les entreprises et les collectivités.

« La mobilisation de la Région Bretagne se traduit concrètement à travers plusieurs modalités d'actions » rappelle le Conseil régional qui vise à optimiser l'utilisation du chauffage dans tous les bâtiments dont il a la gestion.

En cas d'alerte, cela se traduira par la baisse de la température d'un ou deux degrés et à 16°C en fin de journée et par la programmation du chauffage en fonction des horaires de présence. La planification des fortes consommations tend aussi à réduire la consommation de certains équipements entre 18 heures et 20 heures ou à reporter le lancement d'activités fortement consommatrices d'électricité après 20 heures.

Les fonctionnaires sont pour leur part invités à programmer l'extinction des ordinateurs, écrans et photocopieurs en fin de journée ainsi que de décaler la recharge de la flotte de voitures électriques. La Région s'engage à ne pas illuminer les façades de ses bâtiments ainsi qu'à réduire l'éclairage dans les sites tertiaires.

Endiguer la hausse de la consommation électrique

Ces actions ainsi que le dispositif EcoWatt seront valorisées auprès des usagers à travers de l'affichage et des mesures de sensibilisation. En tant qu'acteur public, le Conseil régional entend plus largement inciter les citoyens à s'impliquer et à s'inscrire sur le site monecowatt.fr.

« L'autonomie énergétique bretonne ne sera possible sans une plus forte maîtrise des consommations d'énergie » rappelle la collectivité, qui prône une politique énergétique « sobre et volontariste ». Stabilisée depuis le début des années 2010, l'évolution de la consommation d'électricité en Bretagne ces quinze dernières années ne faiblit pas comme le faisait d'ailleurs remarquer la direction régionale d'EDF en Bretagne lors des premières « Rencontres Crisalide de la Transition écologique » organisées en juin à Rennes.

Selon le bilan électrique de RTE pour la Bretagne en 2021, la consommation des professionnels et des particuliers, soit la moitié de la consommation régionale, a déjà augmenté de 4,2% en 2021.

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Commentaires 3
à écrit le 31/08/2022 à 19:51
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Bonjour, Dommage, 1 seule marémotrice pourtant très rentable. De toute façon le climat est doux, et plus avec le changement climatique, donc conso plus mesurée. Reste une idée,: ouverture des classes. Toutes à 9h, avant il y a gaspillage de part...

à écrit le 31/08/2022 à 11:09
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Il y a 40 ans, les Bretons ont refusé la centrale nucléaire de Plogoff au nom de la pureté écologique. Maintenant, ils n'ont pas assez d'électricité, et les algues vertes : bravo, les mecs !

le 31/08/2022 à 13:19
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"bravo, les mecs ! " c'est sexiste, ça... "bravo, les filles ! " aussi. :-) Les corses ne veulent pas que les ordures ménagères soient gérés chez eux, le bateau est là pour emporter tout ça. Chacun ses choix. Au bout de longues lignes électriques y ...

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