Alors que près de 40% du bilan carbone de la filière viticole provient de la bouteille en verre, l'alternative en carton coche bien des cases pour la réduction de l'empreinte carbone. Cette innovation de la société britannique Frugalpac est distribuée sur le marché français par Thomas de La Garde, dirigeant fondateur de Somewhere, en Provence.
Composée d'une coque en carton à l'intérieur de laquelle se trouve une poche en polypropylène comme dans les bag-in-box, cette bouteille ne pèse que 82 grammes contre 400 à 500 grammes en moyenne pour la bouteille verre.
«On gagne à la fois sur la fabrication de l'emballage, qui demande beaucoup moins d'énergie et d'eau que pour le verre, mais également sur l'expédition des vins ainsi conditionnés, grâce à la réduction du poids de la palette : 400 kg au lieu de 700 kg pour le verre. Au final, c'est une empreinte carbone divisée par six par rapport à celle au verre», argumente Thomas de La Garde.
Le packaging est recyclable à condition, comme le précise Adelphe, organisme en charge de la réduction des emballages, de bien séparer les trois composants : la coque en carton, la poche en polypropylène et la capsule à vis.
Le concept a séduit Martine Pagès, qui exploite avec son frère le domaine de la Bouysse, un vignoble familial de 40 hectares à Saint-André-de-Roquelongue dans les Corbières (Aude) : « C'est l'avenir ! La jeune génération est de plus en plus sensible à l'empreinte environnementale. Nous devons leur proposer des alternatives plus vertueuses que le verre. J'ai bien conscience que c'est un pari car il n'est pas certain que le marché français soit ouvert à une telle innovation. Mais c'est un moyen de nous démarquer. On peut se casser la figure mais ça peut rapporter gros. Et dans un premier temps, nous allons nous focaliser sur les marchés scandinaves qui sont très sensibles à l'impact environnemental ».