Idée reçue (1/5) Sur le long terme, la croissance allemande dépasse celle de la France
Ivan Best
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En France, il n'y a pas de croissance, alors que l'Allemagne fait beaucoup mieux en la matière. Incontestable s'agissant des années récentes, ce constat a tout l'air de correspondre à une réalité déjà ancienne. C'est apparemment évident, l'Allemagne a toujours mené en tête la course à la croissance. Sur le moyen-long terme, nos voisins seraient bien sûr gagnants. Est-ce si vrai? La réalité statistique confirme-t-elle cette idée bien établie ? Pas vraiment.
Depuis l'année 2000, le PIB de l'Allemagne a augmenté de 14,3% (en volume, bien sûr), selon les données officielles d'Eurostat. Quant au PIB français, il a crû de... 14,1%. Cette quasi égalité, contre-intuitive, tient tout simplement à la situation allemande du début des années 2000, marquée par une croissance zéro, alors que la France enregistrait des hausses certes modérées, mais bien réelles, de sa richesse nationale. D'aucuns affirment que l'économie allemande ne fait aujourd'hui que rattraper son retard accumulé au début des années 2000.
Encore plus favorable à la France sur le long terme
Si l'on s'inscrit dans une perspective de plus long terme, la réalité statistique devient encore plus favorable à la France. Depuis 1991, le PIB français a augmenté de 37%, tandis que celui de nos voisins ne progressait que de 32%. Certes, la réunification a pesé sur l'activité Outre-Rhin. Cela peut expliquer ce résultat.
Mais les « performances » allemandes étaient déjà inférieures avant la fin de la RDA, quand seule la République fédérale d'Allemagne était bien sûr prise en compte. Entre 1970 et 1991, le PIB allemand a gagné 76%. Celui de la France 83%....
Plus de croissance au cours des années 70
C'est au cours des années 70 que la France a enregistré une croissance significativement supérieure. On ne parlait alors que de la crise... mais, entre 1970 et 1980, le PIB hexagonal a augmenté de 43,5%. Presque quatre fois plus que pendant la décennie 2000...
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Et cela ne tient pas seulement à l'avant crise, aux années précédent le choc pétrolier de 1973, qui étaient évidemment très favorables, avec une demande dopée par les fortes hausses de salaires de l'après 1968. Les chiffres français des années 1976 et 1977, par exemple, ont de quoi faire rêver tout ministre de l'Economie actuel : 4,4% puis 3,6% de croissance. Le chômage augmentait alors en raison des restructurations, mais la croissance était bel et bien là, alors même que l'inflation s'envolait.
Ivan Best