La France peut-elle rééquilibrer ses échanges avec la Chine ?
Fabien Piliu
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Arrivé lundi après-midi à Pékin pour une visite de deux jours, Pierre Moscovici s'est fixé un programme chargé. Dès sa descente d'avion, le ministre de l'Economie et des Finances a tenu à rassurer les investisseurs chinois potentiels sur l'état de santé de l'économie française et sur l'avenir de la zone euro. Mardi, reçu par le vice-Premier ministre Li Keqiang, qui deviendra le chef du gouvernement en mars, il a vanté l'attractivité de la France, précisant en marge d'une conférence sur l'Europe donnée à l'Université du Peuple de Pékin, que les investissements chinois étaient « bienvenus en France dès lors qu'ils créent des emplois ».
Mais le ministre a surtout insisté sur la nécessité de rééquilibrer les échanges commerciaux entre les deux pays. Selon ses calculs, « près de 40% de notre déficit du commerce extérieur est aujourd'hui avec la Chine ». « Ce déficit a vocation à se réduire. Il se réduira d'autant plus qu'il y aura d'une part une politique de soutien à la consommation en Chine et d'autre part une politique dynamique de la part de nos entreprises pour être présentes ici ».
Les exportations françaises progressent plus vite que les importations
Est-ce possible ? Dans un monde idéal, probablement. Entre 2010 et novembre 2012, les exportations tricolores vers la Chine ont bondi de 39% si l'on se fie aux statistiques délivrées par les Douanes. Sur la même période, les importations en provenance ont augmenté de 10,4%. Certes, l'écart entre les exportations en novembre 2012 - 15,3 milliards d'euros - et les importations - 51,4 milliards - est encore conséquent. Néanmoins, si ces taux de croissance restent stables au cours des prochaines années, les échanges commerciaux entre la France et la Chine pourraient s'équilibrer en 2021. La France pourrait même se targuer d'afficher un excédent bilatéral avec la Chine d'une quinzaine de milliards d'euros en 2022 !
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Dans un monde moins virtuel, cette hypothèse est assez fragile car la structure des échanges entre la France et la Chine devrait évoluer. Du côté des importations ? Ce n'est vraiment pas certain. On imagine difficilement les entreprises chinoises s'implanter en masse en France pour fabriquer des ordinateurs, des équipements de communication (téléphones, décodeurs..), des vêtements, des produits électroniques grand public, des appareils électroménagers et des chaussures qui sont les biens les plus importés par la France. On imagine tout aussi difficilement ces secteurs de l'industrie tricolore renaître, même si sur certaines niches, des entreprises ont encore des cartes à jouer dans les segments haut de gamme.
Fabien Piliu