Pourquoi les propriétaires ont parfois intérêt à baisser les loyers
Mathias Thépot
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Contrairement aux idées reçues, fixer le loyer le plus élevé à tout prix n'est pas une pratique répandue chez tous les propriétaires bailleurs. Selon un sondage réalisé en mars par la plateforme de gestion locative Gererseul.com, "52 % des bailleurs particuliers ne révisent pas (alors que la loi le leur permet) le loyer en cours de bail".
Ils sont même désormais 46,5% à se dire prêt, dans le contexte actuel, à baisser (un peu) le loyer de leur bien dans le but de trouver un "bon" locataire.
L'oreille attentive des bailleurs aux requêtes des locataires
En fait, "à l'exception des mauvais payeurs", les locataires sollicitant une baisse de leur loyer "bénéficient de l'oreille attentive de leurs bailleurs", indique Patrick Chappey, fondateur associé de Gererseul, dont les clients sont à 65% des Franciliens. Et parfois, ces bailleurs "acceptent d'abaisser le loyer afin de conserver des locataires appréciés", ajoute-t-il. Etonnant, à l'heure où le clivage entre locataires et propriétaires semble s'accroître. "Tous les bailleurs n'ont pas conscience que réduire le loyer (quand la conjoncture l'exige) n'entraine pas forcément un manque à gagner. Bien au contraire", explique ainsi Patrick Chappey. "La stabilité de locataires payant leur loyer avec assiduité est gage d'un bon rendement", ajoute-t-il.
Risque de chute de rendement
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En effet, si, par malheur, le "bon locataire" s'en allait à cause du refus du propriétaire d'accéder à sa demande, ce dernier risque de voir le rendement de son bien chuter. Ce, pour cause des frais d'agence, de rafraîchissement des lieux, mais surtout de vacance trop longue entre les baux.
Concrètement, deux cas de figure incitent les propriétaires à faire des concessions à leurs locataires, selon Patrick Chappey. D'abord lorsque le bail a été signé à un loyer plus élevé que le loyer de marché, "le locataire peut trouver facilement moins cher ailleurs et il y a fort à parier que le nouvel entrant finira par obtenir gain de cause en signant finalement le bail au loyer de marché. Résultat : perte de temps et d'argent liés à la recherche du nouveau locataire", détaille M.Chappey.
Mathias Thépot