Une conférence sociale prémice de la confrontation sociale?
Jean-Christophe Chanut
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" Ils vont venir, ils seront tous là car la Grande conférence sociale se tiendra !! Y aura même la CGT la fille maudite...".
Ce petit emprunt parodique à Charles Aznavour permet de planter le décor de la seconde grande conférence sociale qui se tiendra les 20 et 21 juin au Conseil économique, social et environnemental (Cese). L'Ambiance sera nettement plus morose que l'année dernière où les syndicats n'avaient pas caché leur joie d'accueillir François Hollande, fraichement élu à la présidence de la République... Il faut reconnaître que les confédérations avaient largement contribué à la défaite de Nicolas Sarkozy.
Même le Medef était sorti satisfait de la première conférence
Même le Medef était sorti satisfait de cette conférence sur un point : l'annonce de l'ouverture d'une négociation interprofessionnelle sur la flexibilité du marché du travail. Celle qui devait déboucher sur l'accord du 11 janvier 2013, transformé depuis en loi (elle a été publiée au « Journal Officiel » du 16 juin).
Cette année, il n'y aura plus du tout le même enthousiasme. La seconde édition intervient sur fond de hausse ininterrompue du chômage, d'un poids accru de la fiscalité (particuliers et entreprises) et d'une stagnation du pouvoir d'achat et de la consommation. Au menu de cette conférence : les réformes des retraites et de la formation professionnelle, les filières et emplois de demain, la construction de l'Europe sociale, etc. Autant de sujets qui fâchent et qui vont permettre d'étaler les divisions dans le camp syndical.
Une CGT crispée qui se radicalise
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La CGT, d'abord. Bien que rassurée sur sa place de première confédération du pays, selon les résultats de la « mesure d'audience de la représentativité syndicale » connus depuis la fin mars 2013, la centrale de Thierry Lepaon - son nouveau secrétaire général qui a succédé dans la difficulté à Bernard Thibault - apparaît comme totalement isolée. La CFDT a refusé de travailler avec elle pour élaborer des positions communes de revendications. Idem avec FO qui a retrouvé son splendide et traditionnel isolement après avoir accepté un petit pas de deux avec la centrale de Montreuil pour tenter de s'opposer à la loi sur l'emploi. D'où une radicalisation de la CGT qui évoque « un rapport de forces » avec le gouvernement. Thierry Lepaon estimant que les salariés « doivent s'occuper de leurs affaires ».
Jean-Christophe Chanut