Les sources de la crise politique portugaise
Romaric Godin
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Le Portugal a demandé l?aide de l?Europe et du Fonds monétaire international (FMI) le 7 avril 2011. Le 17 mai 2011, un programme d?aide de 78 milliards d?euros a été mis en place jusqu?en juillet 2014 moyennant des conditions très dures définies dans un protocole d?accord (Memorandum of Understanding, MoU) signé entre les bailleurs de fonds et Lisbonne.
Le 21 juin, un nouveau gouvernement de centre-droit dirigé par Pedro Passos Coelho entrait en fonction et faisait du respect de ce protocole et du retour sur les marchés son objectif absolu. L?idée centrale est alors de se différencier de la Grèce. Les mesures sont rudes, parfois brutales, comme cette hausse du taux moyen de l?impôt sur le revenu de 4 point cette année, visant particulièrement les classes moyennes. De façon générale, les dépenses de l?Etat, y compris ses investissements, ont été largement coupées, tandis que plusieurs réformes structurelles étaient menées. En deux ans, le déficit structurel du pays s?est réduit de 6,5 point de pourcentage.
« Bon élève »
Le Portugal fait alors figure de « bon élève » en Europe et rivalise en ceci avec l?Irlande. Dans son septième rapport (mars 2013), la troïka (formée des représentant du FMI, de l?UE et de la BCE) se félicitait des « bons progrès » du gouvernement lusitanien pour « réduire les déséquilibres économiques. » En mai, le pays parvenait à placer avec un grand succès 3 milliards d?euros d?obligations à 10 ans après avoir placé 2,5 milliards d?euros à 5 ans en janvier. Le Portugal était en passe de réussir le pari des tenants de l?austérité : redonner la confiance aux investisseurs par la consolidation budgétaire. A ce moment, le ministre des Finances, Vitor Gaspar, qui avait été l'artisan de l?essentiel des mesures d?austérité, pouvait savourer son succès.
L?économie dans un cercle vicieux
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Mais il y a peu du Capitole à la Roche Tarpéienne. Alors que l?adjudication portugaise intervenait dans l?euphorie qui a suivi, sur les marchés, les premières mesures expansionnistes de la Banque du Japon, la situation du Portugal devenait critique. Car la Troïka avait largement sous-estimé les effets de la consolidation budgétaire sur l?économie. La conséquence de cette politique a été un effondrement de la demande intérieure qui a conduit à une forte prévention du secteur bancaire, à peine renfloué, à prêter, pour réduire ses risques de créances douteuses. Mais le cercle vicieux s?est alors bouclé, car le sevrage de crédit a conduit à une contraction de l?investissement et de la construction, puis à des licenciements et à la disparition de la confiance. En 2012, la demande intérieure a reculé de 7,2 % avec un recul de 14,5 % de l?investissement et de 4,4 % de la consommation de l?Etat.
Romaric Godin