Les entreprises croient au filon des économies d'énergie

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Malgré l'incertitude réglementaire, les entreprises poursuivent leurs initiatives de lutte contre le changement climatique, sous la pression de leurs clients.

Echec de la conférence sur le climat de Copenhague, atermoiements nationaux sur les réglementations et la fiscalité vertes... dans ce climat d'incertitude, comment réagissent les entreprises face aux enjeux du changement climatique ? C'est à cette question que répond l'étude « Action amid uncertainty : the business response to climate change », menée par le cabinet Ernst & Young auprès de 300 dirigeants d'entreprises de 16 pays dont le chiffre d'affaires dépasse 1 milliard de dollars. « L'objectif était d'observer le comportement des entreprises dans un environnement légal incertain, confirme Eric Duvaud, associé Ernst & Young et responsable du département changement climatique & développement durable. Elles ont un comportement un peu ambigu, constate-t-il. Elles demandent aux pouvoirs publics de limiter les contraintes réglementaires, tout en poursuivant les investissements pour améliorer leurs performances environnementales. » 77 % d'entre elles prévoient en effet d'accroître les investissements liés au changement climatique pour réaliser des économies ou profiter de nouvelles opportunités de marché. La moitié compte les porter de 0,5 % à plus de 5 % de leur chiffre d'affaires entre 2010 et 2012, soit une dépense annuelle de 5 à 50 millions de dollars. Leurs motivations ? D'abord, à 92 %, des économies sur leur facture d'énergie. Une meilleure efficacité énergétique permet aussi d'anticiper des contraintes réglementaires, plafonnements des émissions ou standards énergétiques. Mais c'est, presque autant, l'évolution des attentes des clients, entreprises ou consommateurs finaux, qui, à 89 %, motive ces investissements, notamment dans les secteurs pétrolier et gazier, la production d'énergie et les services à l'environnement, les secteurs technologiques, les télécoms et l'immobilier d'entreprise. 65 % des entreprises prévoient de concentrer leurs efforts sur le lancement de nouveaux produits et services, instillant ainsi l'innovation au sein de leur organisation. De toute leur organisation. « Une approche intégrée s'impose, permettant de changer en profondeur l'organisation des entreprises, au niveau de leurs services R&D, achats, logistique, marketing, force commerciale, etc. indique Eric Duvaud. De bonnes performances environnementales seront obtenues grâce à des changements de processus. » Autre contrainte, travailler avec l'intégralité de la chaîne d'approvisionnement, pour réduire les émissions de chaque maillon, comme elles sont déjà 36 % à le faire.

En Chine et en Inde, respectivement 97 % et 72 % des entreprises interrogées misent sur le développement de nouveaux produits, « un reflet, pour Eric Duvaud, de la forte adaptabilité et flexibilité de ces pays ».

Sur le plan réglementaire, les négociations internationales sur le climat semblent en panne, mais les choses ont avancé au niveau national. Plus de 70 pays (soit 80 % des émissions mondiales) ont soumis à l'ONU leurs plans de réduction de leurs émissions, dont, pour la première fois, les Etats-Unis et la Chine. Une dichotomie difficile à gérer pour les multinationales. « Le cadre légal va se complexifier car le système mondial de Kyoto risque de reculer au profit d'engagements nationaux ou bi-latéraux, témoigne Eric Duvaud. Sur la période 2010-2011, plusieurs cap & trade nationaux vont se mettre en place. Les entreprises vont devoir s'adapter à des situations variables selon les pays, alors qu'elles manquent de personnel qualifié sur la question du changement climatique, qui devient un sujet très complce. Une conduite du changement plus sophistiquée s'impose donc. » Si l'incertitude réglementaire ne constitue pas en soi un frein à l'action des entreprises, leur tâche n'en reste pas moins ardue face au changement climatique.

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