Fab'entech a été créée en 2009 et s'est spécialisée dans les anticorps polyclonaux. Ces derniers correspondent à un mélange d'anticorps, produits par différentes souches de lymphocytes B. "La technologie que nous utilisons est sous licence de Sanofi-Pasteur", indique Sébastien Iva, le nouveau président de Fab'entech, qui vient de prendre la suite de Bertrand Lépine, fondateur de l'entreprise et ancien cadre de Sanofi-Pasteur. "Nous avons une expérience de plus de 10 ans dans la recherche de traitements dans les maladies infectieuses émergentes", poursuit-il.
"Avec l'arrivée de la pandémie de Covid-19, nous avons décidé d'initier un programme de recherche sur le sujet, car c'est dans les gènes de Fab'entech de pouvoir développer un traitement", explique Sébastien Iva. On a beaucoup parlé des vaccins, mais du côté des traitements, on voit une sorte de vide", regrette-t-il.
Le traitement développé par l'entreprise serait destiné aux malades ayant des complications respiratoires qui les conduisent à l'hôpital.
"Nous ciblons les patients qui ont des comorbidités comme le diabète, le surpoids, ou encore des cancer, car ils présentent 40% de risques de se retrouver en soins intensifs, s'ils sont contaminés par le Covid-19. Nous voulons ainsi diviser par deux le nombre de patients actuellement transférés en soins intensifs et réduire la mortalité", développe le président de Fab'entech.
Pour cela, la jeune pousse a développé des anticorps polyclonaux, qui attaquent le virus sur tous les fronts, contrairement aux anticorps monoclonaux, qui attaquent un angle très précis du virus.
"Nous sommes en discussions avec les autorités européennes pour le développement de notre produit. Nous pourrions commencer les essais cliniques vers le mois de juin, avec l'objectif d'obtenir une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) en fin d'année. De notre côté, les produits sont déjà prêts pour cette étude clinique. La problématique va être de savoir dans quel pays démarrer cette étude pour pouvoir la commencer le plus rapidement possible ", souligne-t-il.