Son équipe avait commencé par travailler sur un projet de vaccin universel contre la grippe, qui a donné la création de la société Osivax en 2017. Soit dans un monde qui ne connaissait pas encore le Covid-19. Spin-off d'une d'une autre société lyonnaise (Imaxio), Osivax a tout d'une biotech innovante qui pourrait à nouveau apporter une disruption majeure sur le terrain de la vaccination, un an après l'apparition de la pandémie.
Car alors qu'elle travaillait l'an dernier sur un projet de vaccin universel contre la grippe, pour lequel elle avait réalisé des études chez l'animal, puis une étude de phase I sur 72 personnes et de phase IIa sur 300 patients, ses cartes ont été rebattues au printemps dernier. Osivax a choisi de mettre sa plateforme OligoDOM au service d'un nouveau projet : celle d'un vaccin contre le Covid-19 et ses variants.
Son idée ? Capitaliser sur des vaccins à base de protéine recombinante, qui cible une partie intérieure du virus, plus précisément la nucléoprotéine, dans le cadre de la grippe et la nucléocapside dans le cadre du Covid-19. Une protéine virale qui mute peu et qui ouvrirait ainsi la voie à un vaccin capable d'identifier, de manière inchangée, les différentes mutations du virus. "Ce sont des parties qui se conservent très bien d'une souche de virus à l'autre et qui deviennent ainsi prévisibles par le système immunitaire, qui déclenchent ainsi une réponse immunitaire puissante", détaille-t-il.
A l'inverse, les parties externes du virus sont celles qui sont les plus soumises à de possibles mutations. Or actuellement, plus de 95% des vaccins développés contre le Covid-19 ciblent pour l'heure la protéine Spike du coronavirus, ajoute la société. L'inconvénient de cette approche est qu'il est habituellement difficile de déclencher une réponse immunitaire particulière contre ces parties des virus, là où les anticorps ne peuvent pas aller.