"Les aléas climatiques que subissent nos fermes sont de plus en plus fréquents : sécheresse, gel précoce.... et sont aussi extrêmement pénalisant financièrement. Or, nos parents et nos grands-parents étaient confrontés à ce type d'événement météorologique seulement une fois dans leur vie", témoigne Olivier Tourand, installé en polyculture élevage à Chambonchard, dans la Creuse.
Cet agriculteur, devenu élu référent du programme au Service interdépartemental pour l'animation du Massif central (SIDAM), observe : "Bien que confrontés beaucoup plus souvent à ce type d'accidents climatiques que les générations précédentes, nous n'avons pas les moyens d'encaisser les conséquences financières désastreuses tous les deux ou trois ans !"
A partir de ce constat, un groupe d'agriculteurs, conscients qu'ils pouvaient améliorer l'adaptation de leurs fermes au climat, ont en effet mis en route le projet de recherche en septembre 2015. Son nom : AP3C pour Adaptation des Pratiques Culturales au Changement Climatique. Après avoir fait ses preuves et livré ses premiers résultats, son financement a même été renouvelé à hauteur de 600.000 euros pour la saison 2020-2021.
A cheval sur trois régions, ce programme est financé à la fois par les conseils régionaux d'Auvergne Rhône Alpes, du Limousin et de Nouvelle Aquitaine, ainsi que par le Commissariat Général à l'Egalité des Territoires notamment.
Animé par le SIDAM, un organisme du réseau des Chambres d'Agriculture du Massif central, associé aux compétences des ingénieurs de onze Chambres d'Agriculture (Allier, Aveyron, Cantal, Corrèze, Creuse, Haute-Loire, Haute-Vienne, Loire, Lot, Lozère et Puy-de-Dôme) et de l'Institut de l'élevage, ce projet nourrit plusieurs ambitions concrètes. Avec tout d'abord, celle d'obtenir des informations localisées permettant une analyse fine des impacts du changement climatique à l'échelle de leur territoire.
A leur demande, Météo France a détaché un climatologue Vincent Cailliez, qui avait déjà présenté ses travaux sur une nouvelle définition du climat devant une parterre de scientifiques venus d'une centaine de pays au siège de l'Unesco à Paris en 2015.