L'isérois Inocel avance vite. Moins de deux ans après sa création par l'entrepreneur Mauro Ricci (Akka Technologies) et l'explorateur Mike Horn, la start-up industrielle est à quelques mois du lancement de l'industrialisation de sa pile à combustible hydrogène forte puissance (300 kilowatts), à membrane échangeuse de protons (PEMFC). Une pile à combustible qu'elle présente comme compacte, durable et la plus puissante du marché, avec une performance de rendement de l'ordre de 60%.
Sa toute récente levée de fonds de 64 millions d'euros (dont la moitié en equity, 25% en financement bancaire et 25% de subventions) va lui donner les moyens non seulement de livrer d'ici la fin de l'année les premières préséries à ses clients pour les étapes de tests, mais aussi de démarrer, dès le premier semestre 2025, la production industrielle.
Une production qu'Inocel a choisi de concrétiser à Belfort (à l'instar de McPhy par exemple), où sa gigafactory est en cours d'installation. Le centre R&D de la start-up où travaillent actuellement environ 80 personnes reste lui à Grenoble, tout près du CEA avec qui l'entreprise collabore.
La moitié des fonds qu'Inocel vient de collecter sera destinée à cette usine.
Avec sa pile de 300 kilowatts (dont plusieurs unités peuvent être assemblées pour une puissance possible jusqu'à 1,8 MW), représentant unitairement une puissance de 407 CV (soit un moteur d'un camion de 44 tonnes), Inocel vise les marchés du stationnaire (c'est-à-dire l'alimentation des générateurs), la mobilité lourde (bus, camions, engins de chantier) et le maritime (à bord et à quai).