Peu connue du grand public, la spintronique est au coeur de cette nouvelle ligne pilote académique installée au CEA de Grenoble. Elle vise à développer de nouvelles générations de composants pour le stockage de données, les capteurs basse-consommation,...
C’est au cœur de l’écosystème grenoblois, connu pour son tissu de chercheurs et d’industriels spécialisés dans les semi-conducteurs, que le CEA a choisi d’établir une nouvelle ligne pilote. Objectif : développer les premières applications industrielles d’un nouveau champ qui vise à rendre l’électronique plus « verte ».
Déjà connu pour son positionnement dédié à l'industrie des semi-conducteurs, à travers notamment son institut de recherche spécialisé du CEA Leti, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Grenoble vient d'investir, aux côtés du CNRS et de l'Université Grenoble Alpes (UGA)11,5 millions d'euros dans une nouvelle ligne pilote dédiée à la fabrication des matériaux spintroniques avancés.
Son nom n'est pas encore connu du grand public, mais la spintronique pourrait bien, d'ici cinq à dix ans, faire une entrée plus remarquée dans les ordinateurs, les calculateurs dédiés à l'IA, ou encore les objets connectés, à en croire le centre de recherche français.
Ce domaine naissant, qui incarne « le mariage entre l'électronique et le magnétisme », est en réalité déjà utilisé au sein des mémoires magnétiques non volatiles (MRAM) que l'on retrouve dans nos ordinateurs.
Mise une lumière par les travaux des chercheurs Albert Fert et Peter Grünberg, qui ont obtenu le Prix Nobel de physique 2007 pour leurs contributions dans ce domaine, la spintronique utilise en effet le mouvement des électrons, et notamment les propriétés de rotation des particules (appelée « spin »), pour générer des phénomènes nouveaux et chercher à les utiliser pour améliorer les performances des composants électroniques.
« La spintronique incarne le meilleur des deux mondes entre l'électronique et ses nombreuses fonctionnalités, et le magnétisme, qui peut apporter des avantages en matière de consommation énergétique, puisqu'elle ne consomme aucune énergie en mode veille », explique Ioan Lucian Prejbeanu, directeur du laboratoire Spintec et co-directeur du Programme et Équipements Prioritaires de Recherche SPIN (PEPR spintronique) au niveau national.
Celui-ci cite notamment en exemple les promesses de certains acteurs comme la start-up Nellow, qui en combinant la spintronique et la ferroélectricité, compte réduire de près de 1.000 fois la quantité de courant nécessaire pour réaliser une même opération de calcul, applicable par exemple à l'IA.
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