Le Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle de Paris aura été le terrain des annonces, découpées sur plusieurs périmètres : avec près de 200 milliards d'euros d'investissements publics et privés indiqués à l'échelle européenne, les Vingt-Sept ont montré qu'ils comptaient bien rester dans la course face aux mastodontes américains et chinois qui ont déjà pris le virage de l'IA générative. En France, cette volonté s'est traduite par la promesse d'Emmanuel Macron de générer et encourager jusqu'à 109 milliards d'euros d'investissements publics et privés rien que pour l'Hexagone, dont 99 milliards seraient orientés vers la création de 35 nouveaux data centers.
« On sait que les data centers à venir devraient massivement s'appuyer sur des plateformes connues, comme les puces et les GPU [processeurs graphiques, NDLR] de Nvidia, les CPU d'Intel ou d'AMD, avec des intégrateurs comme Dell ou HP. Cela constitue, à première vue, peu d'opportunités pour les acteurs français », nuance Damien Bretegnier, directeur d'investissement pour le fonds Supernova Invest.
Mais ce serait clôturer la partie trop vite pour les champions locaux comme le fournisseur isérois de plaques de silicium Soitec, le fabricant franco-italien de puces STMicrolectronics, et de tout un écosystème (notamment auralpin) qui héberge un certain nombre de pépites (Scintil Photonics, Kalray, Wise Integration, etc.) susceptibles de bénéficier de la vague IA en cours. Les évaluations divergent encore à ce stade, mais elles entrouvrent des pistes.
Selon l'analyste Pierre Cambou, spécialisé dans l'industrie des semi-conducteurs au sein du cabinet Yole Développement, c'est en réalité près de la moitié de cette enveloppe globale qui pourrait être investie en bout de ligne, dans le secteur de la microélectronique. « Il n'y a pas que les GPU de Nvidia... Les data centers ont besoin de cartes graphiques, de puces intelligentes, de réseaux de fibre optique, etc. Tous les acteurs des semi-conducteurs vont en réalité bénéficier de la vague IA. »