À La Poste, c'est simple : « Tout est big data ». Le groupe français de 250.000 salariés, après avoir pris plusieurs tournants technologiques, investit aujourd'hui massivement dans l'intelligence artificielle à travers sa filiale iséroise Probayes. La Poste regarde de près, comme d'autres, l'évolution réglementaire.
L'IA Act, après avoir été voté par les députés européens cet été, est en effet passé à la moulinette des Etats membres du Conseil européen ces dernières semaines. L'enjeu : conjuguer régulation avec innovation et compétitivité. Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, un accord a été trouvé, qualifié « d'historique » le lendemain par le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, dans nos colonnes. Un accord de « régulation par le risque », qui entrera en vigueur en 2026. Mais aussi « pro-innovation et pro-business », soutient l'ancien ministre de l'Economie du gouvernement Raffarin III (2005).
Concrètement, ce règlement entend créer un cadre éthique, tout en soutenant l'innovation européenne. La question majeure concerne, pour le secteur, l'assurance d'un soutien plein et entier face à la concurrence des géants américains et chinois. Comment faire concrètement émerger un numérique souverain ? C'est tout l'enjeu dont tentent de s'emparer plusieurs poids lourds en France, comme Thales, Atos, ou encore Orange, mais aussi La Poste, qui traite par essence des millions de données à travers ses différentes activités (postales, bancaires et assurantielles). Leur coordination, très stratégique, est confiée par le groupe à sa filiale Docaposte qui représente près d'1 milliard d'euros de chiffre d'affaires fin 2023 et 8.000 collaborateurs, comme l'illustre Olivier Vallet, son PDG, dans Le Monde informatique.