Alors que la guerre en Ukraine a accéléré le marché du drone, certaines entreprises se développent sur des applications de plus en plus fines. Dans le Gard, la start-up Electronic Bird Control (EBC), créée en 2019, a conçu le drone E-Raptor, lui donnant tous les atours du faucon pèlerin : large voilure, bec noir, voilure fixe, trajectoire de vol et agilité identiques à un rapace. Un mimétisme choisi, imaginé par son concepteur, l'ingénieur François Lorrain, cofondateur de EBC avec Adrien Laffon et Julien Bret Morel, spécialisés dans la fauconnerie et l'effarouchement d'oiseaux.
C'est pour mieux répondre aux problématiques de colonies de nuisibles rencontrées dans certaines activités qu'est née EBC et son drone E-Raptor ultra-réaliste, en lieu et place des faucons dressés : sur un site d'enfouissement des déchets (éviter que les oiseaux n'emportent les déchets), sur un aéroport (civil ou militaire), sur un champ de cultures, ou sur une centrale photovoltaïque où les fientes des goélands viennent salir les panneaux. EBC travaille ainsi déjà avec EDF sur sa centrale photovoltaïque flottante de Marseille, ou avec le groupe Castel sur des exploitations viticoles en Ethiopie.
Adrien Laffon préfère taire son chiffre d'affaires, consentant à indiquer que 60 % se réalisent à l'export... Il affirme qu'« il n'existe pas de concurrence directe en France proposant ce type de drone en mimétisme parfait avec un rapace », des démarches proches existant toutefois aux États-Unis comme Aerium Analytics qui produit un drone à ailes battantes, ou en Australie.
La technologie développée par l'entreprise pourrait intéresser d'autres applications. EBC a déjà détourné la fonction première de son drone pour faire de la surveillance et/ou du renseignement, notamment dans le domaine militaire, son drone-faucon permettant de voir sans être vu... Et elle a intégré le consortium formé par Drone Geofencing (solution de supervision et gestion de flotte de drones, basée à Nîmes), l'Université de Montpellier et Innov'ATM (logiciels pour faciliter l'intégration de drones dans l'espace aérien, à Toulouse) pour le projet collaboratif PYROSCAN (2,4 millions d'euros), financé par la Région Occitanie et l'Europe (FEDER).