Il s'agit d'un projet international, aux dimensions presque hors norme : le Futur collisionneur circulaire (FCC), un anneau de 91 kilomètres de circonférence enterré à 200 mètres sous terre entre la France (Ain, Haute-Savoie) et la Suisse, d'un coût estimé à plus de 15 milliards d'euros, porte la promesse d'amener la physique des particules vers de nouveaux confins. Et ce, grâce à une accélération de la matière étudiée par les scientifiques jusqu'alors jamais atteinte.
Cet outil, qui reprend le principe du Long Hardon Colliser (LHC) - actuellement en activité jusqu'en 2040 - fait partie des sept options étudiées par le Cern (l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire) pour prolonger ses recherches d'ici la fin du siècle et résoudre, peut-être, des énigmes sur la composition de la matière et donc de l'univers. Elles seront toutes les sept étudiées à Venise, à la fin du mois de juin 2025, puis sélectionnées et priorisées l'année prochaine en vue d'une décision finale des 24 pays membres en 2028.
Le FCC prendrait la suite du LHC, en service depuis 2008. La Chine porte également un autre projet d'accélérateur de particules.
Pour l'heure, le projet n'a pas encore passé l'étape du débat public, qui devrait arriver en 2026. Mais cela n'empêche pas l'organisation d'avancer. Elle a, à ce titre, publié les conclusions de son étude de faisabilité sur le FCC : fin mars, trois documents d'environ 300 pages, en anglais, balayant les grands enjeux du projet (travaux, creusement des galeries, conception des deux outils scientifiques prévus - un premier en 2048, un second à l'horizon 2070 - quantité d'eau, d'énergie et de gravats).