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Les marchés boursiers semblent résignés à baisser

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Publié le 16 mars 2009 à 00:32 - Mis à jour le 16 mars 2009 à 00:32

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Une à une, les digues qui contenaient la baisse des grands indices boursiers cèdent. Hier encore, c'était au tour du Standard & Poor's 500, le grand indice de référence de la gestion américaine, de casser le seuil symbolique des 700 points au-dessus duquel il s'était agrippé in extremis la veille au terme d'une glissade de 4,7 %. Et de retrouver son niveau d'octobre 1996. Pour le Nikkei (voir page 18), il faut maintenant remonter à 27 ans, en 1982, pour retrouver son niveau actuel de 7.229 points. Et si le CAC 40 parisien n'a pas encore franchi son niveau de mars 2003 à 2.403 points ? dont il reste distant de 6 % pour l'heure, à 2.554,55 points ?, c'est sans doute parce qu'à l'époque il avait été, plus que les autres, victime de son exposition à l'éclatement de la bulle technologique. Le plus surprenant dans cette glissade, c'est qu'une fois passée la crainte d'une crise systémique emportant tout sur son passage, les investisseurs semblent reprendre leurs esprits. Et surtout s'accommoder d'une orientation caractéristique d'un marché baissier, un « bear market », comme le stigmatisent les Anglo-Saxons. Alors que le début de semaine a été marqué par un nouveau coup de semonce avec des baisses supérieures à 3?% aux États-Unis, en Europe et au Japon, elles se sont accompagnées d'un reflux du cours de l'once d'or, qui ne vaut plus que 915 dollars sur le Comex new-yorkais, à bonne distance des 1.000 dollars refranchis un court instant, le 20 février dernier. message pessimisteSeul l'indice Itraxx crossover représentatif du coût de l'assurance des créanciers obligataires, qui ne s'éloigne pas de ses records, à près de 1.100 points, continue à démontrer que l'aversion au risque reste à son paroxysme. Mais l'autre grand indicateur de la sensibilité au risque des investisseurs sur les marchés financiers et qui repose sur la volatilité des actions fait montre d'un net tassement. À l'annonce des pertes record de l'assureur américain AIG (60 milliards de dollars pour le seul quatrième trimestre), l'indice VIX, qui mesure la volatilité implicite découlant du prix des options des actions du Standard & Poor's 500, s'est même replié de près de 2 points à l'ouverture de Wall Street au lendemain de l'annonce. Son rebond qui a suivi lorsque les actions américaines ont connu un accès de faiblesse marqué s'est ensuite révélé assez modeste, puisque le VIX n'est remonté qu'à 52,65 points. Il reste ainsi très sensiblement moins élevé qu'à son sommet du 20 novembre dernier (81,48 points). Une situation qui n'est pas pour autant rassurante. Selon Laurent Roussel, directeur adjoint de la recherche chez Exane Dervatives, « l'absence de tension sur la volatilité que l'on constate semble montrer que les marchés ne croient pas à un mouvement violent des indices à court terme, ni dans un sens, ni dans l'autre ». Et d'ajouter que « l'évolution de la volatilité au cours des dernières semaines ne laisse entrevoir aucune capitulation des investisseurs qui pourrait préfigurer la fin de la baisse des indices ». Le responsable du pôle volatilité de CCR actions, Hatem Dohni, livre lui aussi un message pessimiste?: la structure de la volatilité par terme (échéance) des options montre que la volatilité à long terme reste plus élevée que celle à court terme, une configuration qui indique que le marché ne prévoit pas de normalisation avant 2011.

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