Quand l'Allemagne replonge au creux de la « Vague »
La Tribune
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Voilà un petit film tourné sans grands moyens qui fait froid dans le dos. Nous sommes en Allemagne. Dans le cadre d'un atelier sur l'autocratie, un prof propose à ses élèves de lycée une expérience visant à leur expliquer le fonctionnement d'un régime totalitaire. En quelques jours, ce jeu de rôle dérape et les conséquences vont en être tragiques. Polar« La Vague », du jeune réalisateur allemand Dennis Gansel, a réuni plus de 2,5 millions de spectateurs outre-Rhin. Adapté du roman de Todd Strasser, paru il y a une vingtaine d'années ? lui-même inspiré d'un fait divers qui s'était déroulé dans un lycée californien ?, ce film décrit à la perfection la manière dont une société (ici une classe) peut progressivement glisser vers le fascisme?. Comment des êtres peuvent renoncer à leur individualité pour se fondre dans une sorte de « masse » contrôlable par un esprit fort ici incarné par le professeur, formidablement campé par l'acteur Jürgen Vogel.«La Vague » se regarde comme un polar où la tension monte progressivement. Situer le film dans l'Allemagne d'aujourd'hui, un pays encore malade de son passé, donne plus de force encore au propos du réalisateur. Ses lycéens se croient immunisés contre l'autoritarisme, tant on leur a répété tous les méfaits du nazisme? Ils se trompent, le danger est toujours là. Et pas seulement dans l'ancien Reich. Mais cette leçon est universelle. « la Vague » rappelle que la vigilance s'impose toujours. Et plus encore en périodes de désordres économiques.Jean-Christophe Chanut
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