La City autorise à nouveau les ventes à découvert

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Malgré les pressions politiques, le régulateur financier britannique a décidé de mettre fin à l'interdiction de la vente à découvert sur les valeurs financières. Dans un communiqué après la clôture des marchés lundi soir, la FSA (Financial Services Authority) a annoncé que l'interdiction, imposée dans l'urgence le 18 septembre, serait supprimée le 16 janvier. Cette décision n'est cependant effective que jusqu'au 30 juin, en attendant la mise en place de règles définitives, dont les grandes orientations seront dévoilées le mois prochain.dans l'urgenceMême si elle ne le reconnaît pas, la fin de l'interdiction est un constat d'impuissance pour la FSA. La décision avait été prise dans l'urgence, en espérant mettre fin à l'effondrement des banques britanniques en Bourse. Mais cela n'a pas fonctionné : les institutions financières concernées ont vu leur cours baisser de 28 % depuis la décision, contre un peu plus de 5 % pour le FTSE 100.Pis, l'interdiction de la vente à découvert a eu certaines conséquences négatives, de l'aveu même de la FSA. « Nous reconnaissons que l'interdiction a pu avoir un impact réduisant la liquidité et élargissant la fourchette [spread] entre les prix de vente et d'achat de certaines actions. » En d'autres termes, alors que la décision visait à calmer les marchés, il les a dans certains cas rendus plus difficiles. Christopher Cox, le président de la Securities & Exchange Commission (SEC) américaine, a lui-même reconnu, dans un entretien au « Washington Post », que l'interdiction temporaire des ventes à découvert avait été la plus grosse erreur de son mandat. Une étude publiée hier par le London Stock Exchange confirme le problème. Elle montre que, en moyenne, la fourchette achat/vente a augmenté de 140 % sur les entreprises visées par l'interdiction, tandis que celle du reste du marché n'augmentait que de 56 %. En annulant sa décision de septembre, la FSA prend le risque d'aller contre le vent politique. La semaine dernière, John McFall, le président du comité parlementaire en charge du Trésor, estimait que la volatilité des marchés demeurait encore trop extrême pour supprimer l'interdiction. Les libéraux-démocrates, le troisième parti britannique, s'opposent aussi à l'assouplissement des règles. La FSA réplique qu'elle n'a pas l'intention de complètement déréguler la vente à découvert. D'une part, elle se dit « prête à réintroduire l'interdiction sans consultation si nécessaire ». D'autre part, elle propose de conserver l'obligation de transparence imposée depuis le 18 septembre. Toute entreprise prenant une position à découvert de plus de 0,25 % d'une institution financière devra le faire savoir. Et chaque fois qu'elle prendra 0,1 % de plus (0,35 %, 0,45 %, etc.), elle devra le communiquer publiquement. Là encore, cette décision n'est que temporaire. Le régime définitif va être dévoilé dans un document consultatif de la FSA attendu au plus tard début février. Le gendarme britannique des marchés devrait rester dans la même logique : pas d'interdiction, mais un encadrement précis, malgré un coût administratif payé par les investisseurs estimé à plus de 2,4 millions de livres par mois.

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