La sécurité financière de la CDC inquiète les parlementaires

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Jusqu'ici la crise avait plutôt réussi à la Caisse des dépôts. Du moins en termes d'image : « Avant on pouvait se demander à quoi l'institution financière servait. Elle a montré ces dernières semaines qu'elle était un instrument de liquidités essentiel », se félicite une source interne. La Caisse des dépôts a, en l'espace de quelques semaines, mobilisé 33 milliards d'euros au service de l'économie hexagonale.Mais la décision de Nicolas Sarkozy de lui confier une nouvelle mission au travers de la création d'ici la fin du mois d'un fonds souverain à la française suscite une certaine inquiétude au sein du groupe. « C'est un sujet hyper sensible car il a été initié par le président de la République alors que la Caisse des dépôts est sous la protection du pouvoir législatif. Plus encore, son initiative touche aux missions fondamentales de la Caisse des dépôts », explique un membre de la commission de surveillance de l'institution.Toute la question est de savoir « comment mener à bien cette nouvelle mission sans remettre en question les priorités en matière d'investissement que le groupe s'est fixées dans le cadre de son plan stratégique Élan 2020 », résume une source proche de la Caisse des dépôts. Or, les ressources de l'institution ne sont pas illimitées. Selon un banquier, la Caisse peut, pour abonder le nouveau fonds, mobiliser directement 5 voire 7 milliards d'euros en ayant recours à l'endettement, guère plus. Ce pourrait être moins car, après avoir apporté 2 milliards d'euros à Dexia, la banque franco-belge pourrait avoir de nouveau besoin de son soutien financier, selon une source proche du dossier. Jean-Pierre Balligand, député socialiste de l'Aisne et membre de la commission de surveillance, met en garde contre un projet qui, pour avoir les moyens de ses ambitions, mobiliserait une part trop importante de fonds propres de la Caisse au détriment de sa sécurité financière. « Même en temps de guerre, la Caisse n'a jamais été autant sollicitée que maintenant », rappelle Jean-Pierre Balligand.Pour apaiser les craintes de la commission de surveillance et obtenir lors de sa prochaine réunion le 19 novembre son feu vert à la création du fonds d'investissement, l'État devra donc faire quelque effort. « Quelle sera sa contribution?? Il ne l'a pas dit », s'impatiente Jean-Pierre Balligand. Le travail d'approche des fonds souverains étrangers entrepris par la Caisse des dépôts pour créer son club des investisseurs pourrait aussi être l'occasion de convaincre certains d'abonder eux-mêmes le fonds d'investissement français.La Caisse des dépôts a mobilisé 33 milliards d'euros au service de l'économie hexagonale.

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