Un outsider pour diriger le nouvel ensemble Banques Populaires-Écureuil

La fusion entre les Caisses d'Épargne et les Banques Populaires aborde un tournant décisif. Tenues de s'accorder sur un schéma de fusion simple et le plus complet possible d'ici au 26 février prochain, soit la date programmée pour la publication de leurs comptes respectifs pour l'exercice 2008 comme de ceux de leur filiale commune Natixis, les deux parties paraissent décidées à faire table rase des derniers obstacles à la fusion. Quitte à sacrifier les hommes qui jouent les « empêcheurs de tourner en rond ». Il faut dire que les pouvoirs publics ne leur laissent plus d'autre choix. Depuis trois semaines les deux banques mutualistes ont à rendre en permanence des comptes sur l'état d'avancement de leurs travaux à l'Élysée pour commencer, mais aussi au gouverneur de la Banque de France, officiellement placé en arbitre, et à Bercy. Dans ce rapport de force, les pouvoirs publics laissent même planer la menace d'un parachutage extérieur à la présidence du directoire du nouvel ensemble. Face à cette pression, la situation pourrait rapidement se décanter, en particulier du côté des Banques Populaires.« Il serait désastreux d'aborder une fusion d'une telle envergure en laissant entendre qu'on n'a pas les hommes pour la mener à bien », explique une source interne. Comme nous l'indiquions la semaine passée (« La Tribune » du 9 février), les chances de Philippe Dupont de s'imposer à la présidence du nouveau groupe sont jour après jour un peu plus maigres. Il doit « assumer ses responsabilités dans l'échec de Natixis », lâche sans états d'âme un de ses proches. Pour espérer jouer un rôle central dans le nouvel ensemble, il lui resterait, selon nos informations une dernière carte à jouer : la présidence, le cas échéant tournante, du conseil de surveillance.éviter un parachutagePour ne pas perdre définitivement la main sur la fusion et éviter un parachutage, les barons des Banques Populaires tentent de trouver une alternative. Selon plusieurs sources proches du groupe, Stève Gentili, vice-président de la Banque Fédérale des Banques Populaires, pourrait faire figure d'homme providentiel. Alors qu'il n'était même pas candidat à un poste dans le futur groupe, il semble sur le point d'émerger comme le nouveau chef de file des « bleus » et pourrait ainsi naturellement prétendre à la présidence du directoire du nouvel ensemble. Aux Banques Populaires, son leadership est incontestable. Vice-président du groupe, le président de la Bred (la plus grosse banque régionale qui pèse pour près d'un quart des bénéfices du réseau), a pris il y a quelques semaines la tête de la « Conférence des présidents » des Banques Populaires. Mais il est surtout aussi apprécié aux Caisses d'Épargne. « C'est quelqu'un de tout à fait compétent », confie un des barons « rouges ». Dans la mesure où aucun dirigeant des Caisses d'Épargne ne prévoit d'être président du directoire, Stève Gentili pourrait bien en prendre la place. « Il peut être l'homme providentiel et réfléchit activement à entrer dans le jeu », explique l'un de ses proches. D'autant que le président de la Bred est également apprécié au Château. Il est considéré comme un proche d'Henri Guaino, le conseiller spécial et « plume » de Nicolas Sarkozy. Ils ont l'un et l'autre le « gaullisme social » chevillé au corps.

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