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La fusion des mutualistes avance, à reculons

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Publié le 04 février 2009 à 00:33 - Mis à jour le 04 février 2009 à 00:33

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Blocage sur les valorisations, dirigeants gênés aux entournures : le projet de rapprochement des groupes Banques Populaires et Caisses d'Épargne semble bien mal parti. Censée valider les conditions financières de la fusion à parité des deux organes centraux, la réunion des patrons régionaux, d'abord prévue fin décembre, puis le 24 janvier, ne devrait en effet se tenir que fin février, voire début mars.Premier obstacle, la valorisation des actifs « patine », selon une source proche, qui estime qu'au-delà des difficultés techniques, réelles mais surmontables, c'est « le facteur humain » qui bloque. Les deux groupes envisagent donc une fusion a minima, avec la création d'une structure commune pilotant les deux réseaux. Chacun conserverait ainsi le contrôle de ses filiales, qui pourraient être apportées au holding quand l'horizon s'éclaircira et permettra de valoriser les actifs. Une « solution pacifique, et qui permettrait d'aller vite », selon une source proche de l'Écureuil.Un tel montage ne suffirait pas à aplanir toutes les difficultés. Échaudés par certains apports d'actifs de l'Écureuil à Natixis (Ixis et CIFG), auxquels ils attribuent l'essentiel des pertes de cette filiale commune, certains patrons régionaux « bleus » veulent en effet un organe central « régalien ». Donc dénué de prérogatives opérationnelles, tant pour le contrôle des filiales que pour le pilotage des réseaux. Attachés à leur modèle décentralisé, les « bleus » redoutent en effet « le centralisme des rouges ». Or, cette solution ne cadre guère avec la vision de l'Élysée, qui tient, selon une source interne, à ce que la fusion aille « vite et loin ».Le projet de loi nécessaire à l'opération fait déjà la navette entre les deux groupes, et pourrait être transmis au Parlement fin février pour adoption d'ici à la fin juin, date à laquelle le projet est censé être bouclé.Dans ce contexte, les dirigeants des deux groupes sont aujourd'hui pris entre le marteau de l'État, qui tient à une vraie fusion, et l'enclume de leur base, qu'il faudra ensuite convaincre du bien-fondé du compromis atteint. Car les réseaux des deux groupes sont traumatisés par l'épisode Natixis. Les organes centraux des deux groupes avaient en effet imposé la création et la cotation de cette filiale commune, poussant leurs commerciaux à en placer les titres auprès de leurs clients, qui expriment aujourd'hui leur colère devant le fiasco boursier qui s'en est suivi. Quant aux barons régionaux, beaucoup s'interrogent sur le sens du projet industriel, un sujet « laissé de côté, alors qu'il devrait être au centre des discussions », selon l'un deux, qui regrette un « manque de concertation ».les mains libresCôté Écureuil, les nouveaux dirigeants doivent donner des gages sur le recentrage du groupe sur son réseau. Ils ont ainsi mis entre parenthèses le projet de réduction des coûts lancé par leurs prédécesseurs, dans l'espoir de se laisser les mains libres pour mener à bien le rapprochement. Côté « bleu », Philippe Dupont, qui prétend à la direction du futur groupe, apparaît fragilisé par la déconfiture de Natixis, qu'il préside. Sa récente tentative d'en sortir a d'ailleurs été bloquée par les représentants de l'Écureuil. En parallèle, les 22 présidents des banques du groupe ont transformé début janvier leur « club » informel en une vraie association, la « conférence des présidents ». Si, selon l'un deux, il ne faut pas y voir une « machine de guerre », un autre concède que cette décision n'est « pas neutre », les présidents étant bien décidés à exercer désormais leur « vigilance » quant à l'évolution du projet. nles deux groupes cherchent une « solution pacifique, qui permettrait d'aller vite ».

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