Le TGV impressionne l'Amérique

ferroviaireVendre le train français? un jour de grève ! Le ministère des Transports a osé. Hier, le secrétaire américain aux Transports, Ray Lahood, a visité la gare de l'Est, à Paris, en compagnie de son homologue français, Dominique Bussereau, et du président de la SNCF, Guillaume Pepy, indifférent aux panneaux d'information affichant un trafic de RER réduit de moitié. La délégation s'est rendue droit vers un TGV estampillé « 574,8 km/h ». Car le secrétaire américain est venu pour la grande vitesse ferroviaire, dont la France détient le record du monde depuis avril 2007. Et l'Hexagone espère bien exporter son savoir-faire.excellence technologiqueLes États-Unis viennent de débloquer 13 milliards de dollars de fonds fédéraux (dont 8 milliards au titre du plan de relance) pour créer un réseau ferroviaire à grande vitesse, alors que les Américains se déplacent surtout en voiture et en avion. L'administration Obama a identifié onze corridors ferroviaires qui pourraient accueillir des trains jusqu'à 350 km/h. Parmi eux, « le TGV de Californie [annoncé pour 2015, Ndlr], qui pèse 50 milliards de dollars, reste le plus avanc頻, a assuré Ray Lahood. Cet État est plombé par 15,4 milliards de dollars de déficit budgétaire. Mais un référendum l'autorise à financer près de 10 milliards du projet. « Les infrastructures seront financées en partie par les entreprises, sur le modèle des partenariats publics-privés en France », a ajouté le secrétaire américain.S'il s'intéresse aux « modèles économiques » du ferroviaire français, c'est « l'excellence de sa technologie » qui a conduit Ray Lahood à visiter la France, avant l'Espagne, l'Allemagne et l'Asie où il se rendra bientôt. Face à la concurrence étrangère issue de ces pays, la France se battra d'une seule voix, emmenée par Alstom, qui propose son nouveau train à grande vitesse AGV, et la SNCF, intéréssée par l'ingénierie et l'exploitation des projets. « Nous sommes totalement flexibles et évidemment d'accord sur le principe d'un transfert de technologie, a déclaré Guillaume Pepy. La France est seule à proposer des TGV duplex à étage et notre réseau reste le plus sûr au monde, sans accident majeur en 28 ans d'existence. » « Seules nos pièces stratégiques, comme les moteurs, resteront élaborées en France », a noté un représentant d'Alstom. Mais la concurrence sera rude. L'allemand Siemens enregistre déjà 200 commandes pour ses trains Velaro, alors que les AGV ne roulent pour l'heure qu'en Italie. Les Japonais peuvent proposer des trains à bas prix. La course de fond pour ces appels d'offres TGV américains, qui n'aboutiront pas avant quatre ou cinq ans, s'annonce donc serrée. Dominique Bussereau sera la semaine prochaine à Washington, avec des représentants d'Alstom et de la SNCF, pour faire avancer le dossier. nInfographie2 mm x 70 mm