Vent de panique sur le soja et le maïs

Souvent mis au menu des porcs dans les élevages américains, soja et maïs ont fortement reculé, hier, les opérateurs craignant un brusque ralentissement de la demande d'aliments pour porcs. Sur le Chicago Board of Trade, la principale place de cotation des deux grains, le maïs a reculé de 4,1 % à 3,7 dollars le boisseau, alors que le soja abandonnait 4,5 % à 9,94 dollars le boisseau. Maïs et soja avaient vivement progressé depuis le début de l'année.pas isoléLes ressources en soja, très utilisées dans l'alimentation animale en raison d'une forte teneur en protéines qui accélèrent la croissance des porcs comme des poulets, pourraient venir à manquer cette année après une faible récolte en Argentine et en Amérique du Sud en général. Le recul du soja constaté hier sur le marché américain représente la plus forte baisse depuis début février, alors que les variations de plus de 4 % sont rares sur les marchés des grains.Le recul constaté hier a donc tout du vent de panique, alors que l'épidémie ne concerne pour l'instant les porcs que de loin. L'épidémie n'a en effet de porcine que le nom : elle ne constitue pas un motif d'élimination des cheptels atteints. Tout juste pourrait-elle décourager momentanément la consommation de viande de porc en raison du fort impact psychologique d'une épidémie bien que la consommation de viande ne soit pas contaminante. Et encore ; selon l'Organisation mondiale de la santé animale, le virus n'a pas encore été isolé chez des animaux, mais a des caractéristiques à la fois porcines, aviaires et humaines.« Lors de la grippe aviaire, on avait vu les céréales plonger en Europe. Pourtant, la demande de blé et de maïs n'avait pas du tout été modifiée ! » se souvient Sébastien Poncelet, analyste chez Agritel, rappelant que les marchés à terme « crient avant d'avoir mal ». Les matières premières ont globalement fortement reculé hier, tant la menace d'une épidémie mondiale risque de ralentir les échanges ainsi que la demande de carburants pour les transports. Le baril de pétrole brut léger texan, le WTI, reculait hier soir de 1,7 dollar à 49,81 dollars. Les métaux de base ont également marqué le coup après de forts rebonds. Seul l'or, valeur refuge par excellence, échappait à la tendance en matinée. Mais, dans l'après-midi, l'once d'or pour échéance la plus rapprochée repartait à la baisse refluant de 5,2 dollars, à 908,90 dollars sur le Comex new-yorkais. Aline Robert

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