Les buralistes plus inquiets que les restaurateurs

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Au lendemain de l'interdiction de fumer, la Confédération des buralistes a mis en place un observatoire afin d'évaluer les conséquences de cette mesure sur leur activité. Ainsi, chaque jour, elle relève les déclarations d'une centaine d'établissements à travers la France. " Il en ressort que les clients passent moins de temps dans leur bar-tabac et qu'ils consomment donc moins. Une baisse de 20 à 25 % des ventes de cafés et apéritifs a été constatée depuis le début de l'année. Pour les jeux, le recul va de - 9 à - 15 % selon les produits ", affirme René Le Pape, le président de la Confédération des buralistes.La Française des Jeux se veut moins sombre. Selon ses premières constatations, ce sont essentiellement les points de vente proposant le Rapido, un jeu de tirage au sort qui se pratique au comptoir, qui accusent des reculs de l'ordre de 10 %. Mais les ventes de tickets à gratter ou de loteries restent en légère progression. De même, le PMU ne relève " pas d'effet mesurable " sur les paris hippiques. Les mises restent en croissance d'environ 8 %, dans le sillage de la fin de l'année 2007." Pour les ventes de tabac, les chiffres ne sont pas encore significatifs, car les établissements avaient fait des stocks. Les résultats issus des réapprovisionnements à venir seront plus parlants ", poursuit René Le Pape. Pour certains établissements isolés, la baisse est encore plus brutale. Ainsi, une adhérente de la Creuse, qui fera partie de la délégation reçue aujourd'hui à l'Élysée, déplore une chute de 40 % de son activité.DES LICENCIEMENTS POSSIBLESLes bars-tabac situés en face des chantiers de l'Atlantique, à Saint-Nazaire, ont aussi constaté que de plus en plus d'ouvriers préfèrent fumer leurs cigarettes sur le chantier avec leur thermos de café. Aucun dépôt de bilan, cependant, n'a été constaté au cours des deux premiers mois. " Mais dans le cas d'un jeune couple qui vient de s'installer et qui a de lourdes traites à payer, cela pourrait aller très vite ", estime René Le Pape, qui affirme que des licenciements se profilent.Les restaurateurs, eux, se donnent un peu de temps pour déterminer l'impact de l'arrêt du tabac dans leurs établissements. Cette mesure ne semble pas entraîner de désaffection de la part des clients. Mais André Daguin, président de l'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) et porte-parole des restaurateurs, préfère attendre le relevé de TVA qui s'effectue à chaque fin de trimestre, afin de disposer d'éléments tangibles. Si, à cette échéance, les entrepreneurs relèvent un recul de leur chiffre d'affaires, André Daguin prévient " qu'il va discuter sec " avec les pouvoirs publics, en vue d'obtenir une aide financière.

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