Le « plan Jeunes » devra être négocié

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Avec l'envolée des chiffres du chômage, le gouvernement va être soumis à une forte pression pour tenir l'engagement pris pendant la campagne par le Parti socialiste d'offrir aux jeunes 700.000 emplois en deux ans, moitié dans le secteur public, moitié dans les entreprises privées. Si le Premier ministre a choisi de prendre le temps nécessaire pour préparer, en liaison avec les partenaires sociaux, la conférence tripartite de septembre sur l'emploi, les salaires et la réduction de la durée du travail, le « programme jeunes » devrait être mis en oeuve dès l'automne. Comme l'a annoncé la semaine dernière le ministre de l'Emploi et de la Solidarité, Martine Aubry, le projet de loi sur l'emploi des jeunes devrait être soumis aux députés dès la mi-septembre, lors de la session anticipée de l'Assemblée. Pour le secteur public, le dispositif envisagé par le gouvernement est connu, puisqu'il a été largement détaillé pendant la campagne. Le projet vise à proposer aux jeunes des emplois de cinq ans, rémunérés au Smic, pour satisfaire des besoins qui ne peuvent l'être aujourd'hui, faute de demandes solvables. Martine Aubry ambitionne de créer de véritables filières sur des métiers nouveaux, et a demandé aux ministres du gouvernement de recenser toutes les pistes susceptibles d'être exploitées, notamment à l'Education nationale, à l'Intérieur, à l'Environnement. Au bout de deux ans, le financement de l'ensemble du dispositif coûtera en année pleine 35 milliards de francs mais la montée en charge sera très progressive. Ainsi les experts tablent sur 50.000 emplois d'ici à la fin décembre 1997, pour un coût limité à 1 milliard de francs. Emplois ou embauches ? Dans le secteur privé, les intentions du gouvernement se précisent. Les experts s'efforcent de convaincre les politiques qu'il ne faut pas confondre emplois et embauches. Chaque année, 4 millions d'embauches environ sont réalisées dans les entreprises. Les jeunes en représentent 44 %, soit 1,76 million. Comme le nombre de jeunes occupant un emploi dans le secteur privé s'élève à 1,2 million, il est clair que les mêmes jeunes tournent plusieurs fois dans l'année : sur 100 embauches de jeunes, 80 se font sur CDD. Le gouvernement sait que des incitations attractives à l'embauche risquent de ne se traduire que par des effets de substitution, les entreprises choisissant de cibler leurs embauches sur les jeunes « aidés » en délaissant les salariés plus âgés. C'est pourquoi il envisage de demander au CNPF et aux branches professionnelles de prendre l'engagement d'augmenter le nombre des jeunes dans les entreprises. Les conseillers gouvernementaux font observer qu'aujourd'hui les moins de 25 ans représentent 8,4 % des salariés occupés par l'économie française. Ils soulignent qu'il suffirait que 11 % des salariés soient des jeunes pour que tous les chômeurs de moins de 25 ans soient occupés. Dans le projet du gouvernement, seules les branches ayant conclu un accord tendant vers cet engagement de 11 % pourraient prétendre au bénéfice de l'aide de l'Etat. Pendant la campagne, Dominique Strauss-Kahn avait chiffré autour de 40.000 francs par jeune la subvention dont pourrait bénéficier l'entreprise. Delphine Girard

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