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Grand chambardement au Crédit Suisse

La Tribune

Publié le 25 septembre 2008 à 21:56 - Mis à jour le 25 septembre 2008 à 21:56

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Connu pour sa légendaire discrétion, le secteur bancaire suisse est en ébullition. Trois mois après son vrai-faux mariage avec l'Union de Banques Suisses, le Crédit Suisse Holding a annoncé hier une vaste restructuration, qui se traduira notamment par la suppression de 5.000 emplois dans les deux à trois ans à venir, soit environ 15 % de ses effectifs (le groupe emploie 34.200 personnes dans le monde). Ce dégraissage, le premier de cette ampleur dans le secteur, touchera d'abord la Suisse, où 3.500 postes seront supprimés. Outre cette cure d'amaigrissement, le deuxième groupe bancaire helvétique, qui changera de nom pour devenir Crédit Suisse Group, a décidé de revoir toute son organisation : ses grandes filiales (Crédit Suisse, Banque Populaire Suisse, Banque Leu, Crédit Suisse Financial Products et CS First Boston) « seront réorganisées en quatre unités spécialisées, orientées sur les quatre segments de la clientèle », le tout devant être opérationnel le 1er janvier 1997. Ainsi les activités bancaires suisses, actuellement menées par le Crédit Suisse et la BPS, vont être regroupées sous l'enseigne Crédit Suisse Banque Populaire. Pour leur part, les activités de banque privée seront assurées au niveau mondial par une nouvelle entité, Crédit Suisse Private Banking, tandis que la gestion de fonds reviendra à une autre structure, Crédit Suisse Assets Management, le Crédit Suisse First Boston étant en charge de la banque d'investissement et de la banque commerciale en direction des entreprises. Toutes ces mesures, qui vont dans l'immédiat entraîner une provision pour coûts de restructuration de 1 milliard de francs suisses (4,1 milliards de francs), devraient permettre au groupe de réaliser une économie annuelle de 700 millions de francs suisses (2,9 milliards de francs), affirme-t-on au siège zurichois. L'objectif de la direction est de transformer le Crédit Suisse de « banque suisse ayant des activités internationales » en une « institution financière internationale » et de devenir « l'une des plus importantes institutions financières mondiales d'ici à l'an 2000 ». Ce grand chambardement ne s'est toutefois pas réalisé dans la plus parfaite harmonie. Si Rainer Gut conserve la présidence du groupe, Josef Ackermann abandonne la présidence du directoire du Crédit Suisse ainsi que son siège au conseil d'administration de CS Holding, pour « divergences de vue », et sera remplacé par Lukas Muhlemann, l'actuel président de la Suisse de Ré. Pour sa part, John M. Hennessy va quitter la direction opérationnelle de CS First Boston. La restructuration du groupe suisse a été diversement appréciée par les agences de notation. Ainsi S&P-Adef a placé la banque et ses filiales sous surveillance, avec implication négative, à l'exception de CS First Boston, pour laquelle la perspective est positive. Pour sa part, Moody's porte une appréciation positive sur la note à long terme de CS Holding, de CS First Boston et de la Banque Leu, mais négative sur celles du Crédit Suisse et de Crédit Suisse Financial Products. Leur consoeur IBCA estime, de son côté, que ce projet est a prior positif, mais attendra que les nouvelles structures soient mises en place pour porter une appréciation définitive. Enfin, la Société Générale, qui attend une amélioration de 10 % de la rentabilité du groupe suisse, est passée « positive » sur le titre. La Bourse de Zurich a, en tout cas, accueilli le projet du Crédit Suisse avec enthousiasme, puisque l'action a fait hier un bond de 12 %, gagnant 14,50 francs suisses, à 134,50 francs suisses. « Le Crédit Suisse a envoyé au marché le signal fort qu'il attendait », estime un spécialiste, en rappelant que la banque se voyait régulièrement critiquée pour son manque de rentabilité sur son marché domestique et l'intégration insuffisante de CS First Boston au groupe. Cette flambée du titre n'a pas manqué de retenir l'attention des autorités boursières, qui vont ouvrir une « enquête de routine » sur les mouvements qui ont récemment animé le titre : depuis le 17 juin, date à laquelle elle cotait encore 111 francs suisses, l'action a gagné 23 %. G. de C.

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