Négociations salariales houleuses à la CNP

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Il faut un sujet hautement sensible pour ébranler les relations sociales au sein de la CNP. Le premier assureur de personnes n'avait plus connu de grève depuis son entrée en Bourse, en 1998. C'est le pouvoir d'achat qui a cette fois mis le feu aux poudres. Les salariés de droit privé, qui représentent 80 % des effectifs, ont organisé deux débrayages de deux heures vendredi 15 février et lundi 18 février, dans les trois principaux centres de gestion de l'assureur (Angers, Arcueil et Montparnasse), pendant la tenue des négociations salariales. Ils réagissaient ainsi à la proposition de leur direction d'augmenter les salaires de 1,8 %.Compte tenu de la progression de 2,6 % de l'inflation en 2007 et d'une augmentation des salaires de 1 % l'an passé, cette offre a suscité une levée de boucliers. Mandatée par les salariés, la plateforme intersyndicale réunissant les sept syndicats représentatifs (CFDT, FO, CGT, CGC, CFTC, Unsa, SUD) revendique une augmentation de 3 % de la valeur de l'indice. Elle exige aussi le passage de 13 points à 15 points, pour les avancements biennaux à l'ancienneté des non-cadres, et la suppression de la règle qui veut que lorsqu'un non-cadre a un avancement individuel, son avancement à l'ancienneté est repoussé de deux ans.La direction a accepté de faire passer de 13 à 15 points les avancements à l'ancienneté. Elle ne cédait en revanche pas sur les augmentations salariales hier. Une assemblée générale doit se tenir ce matin et décider de l'attitude à adopter, la porte semblant encore ouverte à la poursuite des négociations.LA DIRECTION JOUE L'APAISEMENTEn signe d'apaisement, une source syndicale indique en effet que la direction serait revenue sur la nomination de Patrick-Jacques Déchin, proche de Nicolas Sarkozy, au poste de secrétaire général du conseil d'administration de la CNP. Son arrivée était perçue comme le préalable à un rapprochement avec Axa, dont le patron est aussi un proche de Nicolas Sarkozy.

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