Gilles Schnepp : "La Bourse va nous donner un atout supplémentaire"

En effectuant son retour en Bourse, Legrand va lever environ 1,01 milliard d'euros. L'offre est ouverte aujourd'hui et sera close le 5 avril pour les particuliers et le 6 avril pour les institutionnels. La première cotation aura lieu le 7 avril. Gilles Schnepp, le PDG du groupe, revient sur les raisons de cette introduction.Pourquoi un retour en Bourse ?- Le LBO n'était pas une structure permanente. Dès 2002, nos actionnaires (KKR et Wendel) avaient prévu que, dans les trois à cinq prochaines années, nous retournerions sur les marchés financiers. Nous avons vécu trente et une années de cotation avec un retour sur investissement de 18 % par an sur cette période. Nous sommes une entreprise provinciale (basée à Limoges), fière de ses racines, mais très motivée également par les conquêtes à l'international que nous réalisons. La Bourse va nous redonner une notoriété encore plus forte, pour nos clients et nos partenaires. En outre, nous apprécions et sommes très en phase avec la communauté financière.Que pensez-vous du prix fixé (entre 17 et 19,75 euros par action, soit entre 4,6 et 5,4 milliards d'euros) ?- Nous ne sommes pas compétents pour le commenter. Cependant, nous sommes très confiants sur l'issue de l'opération, grâce à l'excellent travail fourni par les banques.Quel type d'actionnaires souhaiteriez-vous voir entrer dans votre capital ?- 76 % de notre capital reste détenu par les actionnaires stables. KKR et Wendel conserveront 60 % du capital, les actionnaires minoritaires 20 %, et le management 4 %. 10 % minimum du placement seront proposés aux particuliers. Cette valeur représente un véhicule d'investissement attractif pour de nombreuses catégories d'investisseurs, ce qui permettra d'assurer une bonne liquidité au titre.Votre retour en Bourse va-t-il vous permettre de procéder à des acquisitions de taille plus importante ?- Bien sûr. Notre stratégie repose sur le rachat de sociétés ciblées de taille moyenne. Mais nous ne nous interdisons pas des acquisitions plus importantes. Nous l'avons prouvé en 1989 avec l'acquisition de Bticino qui faisait la moitié de notre taille. De telles opportunités arrivent tous les dix ans. Il y a six ans, nous avons acheté Wiremold qui nous a donné le leadership américain dans le cheminement du câble. Nous restons attentifs à toutes les opportunités qui pourraient se présenter, petites ou grosses. Il est vrai que le retour en Bourse va nous doter d'un atout supplémentaire en nous permettant d'utiliser nos titres comme monnaie d'échange. Nous ne l'avons jamais fait à ce jour. Mais aujourd'hui, la culture financière a évolué et c'est une pratique que nous pourrions mettre en oeuvre.Ne craignez-vous pas que, à l'inverse, ce retour en Bourse vous transforme en proie ?- Une fusion avec Schneider Electric appartient à l'histoire ancienne. Quant à Siemens, qui a manifesté son intérêt l'été dernier, nos actionnaires ont décliné ses propositions.Vous allez verser 110 millions d'euros à vos actionnaires dès le deuxième trimestre 2006. Quel sera à terme votre politique ?- Son évolution à moyen terme devra refléter notre performance financière.Propos recueillis par Laurence Boisseau

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