Quand l'Afrique du football s'éveillera

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Dans neuf jours, l'Afrique accueille sa première Coupe du monde. Le pays organisateur, l'Afrique du Sud, mais aussi le Ghana, le Cameroun, le Nigéria, l'Algérie et la Côte d'Ivoire tenteront d'être la première nation africaine à atteindre le dernier carré de la compétition. Possible. Mais, même si l'Afrique nourrit les plus grands championnats européens en pépites - parmi les joueurs expatriés qui évoluent en Ligue 1, 39,2 % sont nés en Afrique - , le continent est en retard sur de nombreux plans par rapport à son voisin européen. Les disparités sont déjà très importantes d'un pays à l'autre. Egypte, Tunisie et Afrique du Sud possèdent des grands clubs, dotés de budgets importants, et bénéficient de droits télés qui le sont tout autant comparés à des pays du Sahel ou d'Afrique noire, dont le développement repose sur des initiatives individuelles, affirme la société de conseil en stratégie Ineum Consulting dans son étude annuelle « Football professionnel - Finances et Perspectives ». Si quelques clubs se détachent (Al Ahly en Egypte, Asec Mimosa en Côte d'Ivoire, Etoile du Sahel en Tunisie), les championnats africains patissent du manque de stades adaptés. « Il existe dans de nombreux pays des stades de plus de 50.000 places, mais ils ne sont pas adaptés pour accueillir les compétitions domestiques car ils sont trop grands. Il manque des stades de 10.000 places », regrette Philippe Troussier, ex-sélectionneur de l'Afrique du Sud, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Maroc et du Nigeria, qui est cité dans l'étude. ne pas copier l'europeL'instabilité politique a aussi des effets néfastes sur le football. Un président de club doit avoir des résultats rapides sous peine d'être démis. Il ne peut donc pas se lancer dans des projets de long terme, comme la création d'un centre de formation. D'où l'importance, selon Ineum, de mettre en place un vrai professionnalisme et des ligues professionnelles, en parallèle des fédérations existantes. Insister sur le marketing, créer des statuts pour les footballeurs, en renforçant la formation pour diminuer le taux d'Africains présents dans les cinq grands championnats européens sans être formés dans le pays d'origine (50 %). Des investissements qui ne sont possibles qu'avec de l'argent. L'Afrique en manque cruellement. La totalité des championnats africains génèrent entre 1 et 1,5 millions de dollars dans l'économie, soit autant que le seul football français. L'augmentation des droits télés pourrait permettre « un développement vertueux » du football africain dans un partenariat « gagnant-gagnant » avec des diffuseurs de qualité. Mais pour y arriver, Ineum préconise de ne pas copier le modèle européen, l'Afrique devant tenir compte de ses particularités. Une Coupe du monde réussie serait le catalyseur parfait. n Le développement des clubs est égalementsujet à des contraintes environnementales.Les distances et lesfaiblesses des transports limitent ainsidans la plupart des pays le développementdes compétitions de jeunes. Lafaiblesse des transports explique égalementdans certains pays la faiblesse dudéveloppement du football dans les régions, qui se cantonne parfois, en termes de haut niveau, àla capitale ou aux quelques grandes agglomérations. Le climat peut lui aussi influer sur la qualitédes infrastructures (difficultés à entretenir de l'herbe) ou sur l'intensité des compétitions et desentraînements. Les principaux facteurs d'explication de lastagnation du niveau de certains championnatsnationaux africains sont à trouver au niveaude la détection et de la formation des joueurs,d'un manque global d'infrastructures et debons formateurs, de l'exode des meilleursjoueurs vers les championnats étrangers,du faible développement des championnatsde jeunes... et de manière générale del'absence de vision à long terme des clubs.Henri Michel - Ex-sélectionneur du Cameroun,de la Côte d'Ivoire, du Maroc et de la Tunisie Pourcentage d'Africians parmi les joueurs expatriés évoluant dans les grands championnats européens pendant la saison 2008/2009 :Premier League : Ligue 1 :Bundesliga :Série A :Liga : Sur la saison 2008/2009, les joueurs venus d'Afrique évoluant au sein d'un des cinq grandschampionnats se trouvent majoritairement en Ligue 1, où 39,2 % des joueurs expatriés sont d'origineafricaine (ne sont pris en compte dans le calcul des joueurs expatriés que les joueurs nés enAfrique et non les joueurs ayant une nationalité africaine mais nés en France). Ils représentent9,8 % des joueurs expatriés dans les championnats allemands et anglais, 8,5 % en Liga et seulement5,4 % en Serie A. Leur forte présence en France s'explique en partie par des raisons historiqueset par l'organisation des filières de détection des clubs français plus centrées sur l'Afrique(en comparaison avec l'Espagne ou l'Italie qui recrutent leurs joueurs expatriés principalementparmi les sud-américains). Mais des considérations économiques entrent également en ligne decompte...afpAvec 6 victoires en Ligue des Champions africaine, dont 4 obtenues depuis 2001, le club égyptien d'Al Ahly est la formation la plus titrée de la scène continentale.

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