... Et à Sotchi, des JO mal partis

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Le couperet est passé tout près de Vladimir Poutine. Leonid Tiagatchiov, directeur du comité olympique russe, un ami très proche du Premier ministre russe, a donné sa démission jeudi soir après plusieurs jours d'intenses tractations et de rumeurs. Les officiels russes sont très rarement démis de leurs fonctions, surtout lorsqu'ils ont des liens personnels et témoignent une loyauté sans faille à Vladimir Poutine. Mais pour ne pas laisser l'amertume des Russes ronger leur taux de popularité respectif, Dmitri Medvedev et son Premier ministre se sont résolus à taper sur les boyards. « Les satrapes du sport doivent remettre eux-mêmes leur démission », a grondé le président russe, avant d'ajouter : « Sinon, nous les y aiderons. » Le ministre des Sports, Vitali Moutko, qui connaît Vladimir Poutine depuis plus longtemps que le directeur du comité olympique, a pour l'instant sauvé sa tête, même si le résultat russe est le plus mauvais depuis un demi-siècle. Générosité incomparableL'orgueil blessé des Russes fait rejaillir des vieux réflexes soviétiques. À l'époque, les résultats sportifs devaient démontrer la supériorité du système socialiste sur le capitalisme. De fait, beaucoup de commentateurs ressassent la générosité incomparable des autorités soviétiques pour le sport. Dmitri Medvedev lui-même, une semaine après avoir confié qu'il « haïssait le système soviétique », se lamentait jeudi de la « perte de la vieille école soviétique. Nous n'avons pas su créer notre propre école en dépit du fait que les sommes d'argent investies dans le sport sont sans précédent ». Un budget qui s'envole Car il s'agit bien d'histoires de gros sous. En toile de fond de la polémique, la préparation des Jeux olympiques 2014 à Sotchi fait déjà perler des gouttes d'angoisse au front des fonctionnaires. Les soupçons de corruption planent autour des chantiers en retard. « La route reliant Sotchi à la station de sports d'hiver de Krasnaya-Poliana coûte 130 millions de dollars au kilomètre », s'irrite Boris Nemtsov, un leader de l'opposition au Kremlin. « C'est cinquante fois le coût moyen d'une autoroute aux États-Unis. Et c'est un bon indicateur de la corruption ambiante. » Mais pour Vladimir Poutine, qui a établi à Sotchi sa résidence de villégiature, et placé ses fidèles aux commandes du projet, le pays (et les oligarques compris) doit être prêt à tous les sacrifices pour des Jeux réussis. Qu'importe la crise, qui a plus particulièrement touché le secteur de la construction en Russie, le budget a explosé de 12 milliards de dollars prévus en 2007 à 33 milliards de dollars désormais. Qu'importent les écologistes, qui hurlent au scandale alors que des morceaux de parcs nationaux sont grignotés par les constructions. Ils se voient déjà clouer le bec et ostracisés par les médias. Tout comme les nombreux habitants chassés de leur maison par les nouvelles infrastructures, dédommagés au lance-pierre.

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