Un FME pour préserver l'euro

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Créée le 8 octobre dernier par le Parlement européen, la commission spéciale sur la crise financière économique et sociale entamera ses travaux le 10 novembre avec l'audition d'un panel d'experts. Elle mêlera les regards croisés sur l'analyse de la crise d'un représentant du régulateur britannique des marchés, la FSA, de l'anthropologue économiste Paul Jaurion et d'André Sapir, ancien conseiller économique de Romano Prodi quand il présidait la Commission européenne. Les auditions de la commission spéciale se poursuivront à un rythme mensuel jusqu'à la remise de son rapport en juin prochain. Parallèlement ses 45 membres feront un tour de la planète qui les mènera à Bâle (siège de la BRI) ,à Geneve (OMC), à Francfort (BCE), en Chine et aux États-Unis, dans un pays africain et dans un des nouveaux État de l'Union européenne. Ce programme de travail étoffé accompagne des objectifs tout aussi ambitieux. Ceux-ci dépasseront la seule analyse de la crise au travers du prisme delorien que lui assigne Pervenche Berès, rapporteur de la commission : « le coût de la non Europe ». L'épicentre des travaux de la commission est déjà prévisible : l'avenir de l'euro. Pervenche Berès tire la sonnette d'alarme quant aux conséquences qu'aurait la faillite d'un membre de la zone euro. Laisser au Fonds monétaire international le sale travail de la mise sous tutelle de la Grèce ou de l'Irlande ruinerait, selon elle, la zone de protection des marchés financiers qu'a constituée la création de la monnaie unique. Conclusion, il faut que l'Europe se dote de l'instrument qui lui permette de pratiquer elle-même le sauvetage de l'un de ses membres : un Fonds monétaire européen (FME). Dans le même élan solidariste, l'ancienne présidente de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, passée dernièrement à la tête de la commission Emploi et Affaires sociales, veut faire avancer le chantier de la création des « european bonds » qui permettraient de s'affranchir du diktat des agences de notation. Christophe Tricaud

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