Orange et Deutsche Telekom près de se marier en Grande-Bretagne

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Orange et Deutsche Telekom sont sur le point de devenir, ensemble, le numéro un de la téléphonie mobile en Grande-Bretagne, devant O2 et Vodafone. Après plusieurs semaines d'échanges, les deux opérateurs s'orientaient, hier, vers l'ouverture de négociations exclusives visant à rapprocher leur filiale respective outre-Manche. Ces discussions doivent régler plusieurs questions importantes : modalités, valorisation et surtout gouvernance. Sur ce point critique, Richard Moat, le dirigeant de T-Mobile UK, pourrait faciliter les choses. En juin dernier, il était encore président de la filiale roumaine d'Orange, groupe pour lequel il a travaillé pendant dix-sept ans.Si les négociations aboutissent, Orange UK et T-Mobile UK détiendront près de 32,5 millions de clients en téléphonie mobile, soit 12 millions de plus qu'O2, le numéro un du pays, et 17 millions de plus que Vodafone. Leur part de marché frôlerait donc les 45 %.En faisant disparaître mécaniquement un concurrent, ce rapprochement doit permettre de faire retomber la pression commerciale en vigueur outre-Manche. Un pays qui, outre quatre gros opérateurs, compte un opérateur virtuel dynamique, Virgin mobile (qui loue le réseau de T-Mobile), ainsi qu'un alternatif 3 UK, filiale du groupe Hutchinson. Soit presque deux opérateurs de plus qu'en France pour une population assez similaire. Cet excès de capacité par rapport à la population se ressent sur la profitabilité. Au deuxième trimestre, la marge opérationnelle de T-Mobile UK n'était que de 17 % alors que l'opérateur dégage 38 % de marge en Allemagne. Même constat pour Orange, avec une marge de 19,6 % en Grande-Bretagne contre 39,5 % de ce côté-ci de la Manche.Voilà pourquoi depuis plusieurs mois Deutsche Telekom cherchait une solution pour sa filiale britannique, la seule à perdre des clients. Vodafone aurait même déposé fin août une offre de 4 milliards d'euros, selon le « Financial Times », Mais la vente pure et simple de T-Mobile a été repoussée par la direction de l'allemand. Une société commune offre l'avantage de bénéficier, à terme, du redressement attendu de la filiale, notamment par le simple fait de la baisse de la pression concurrentielle. Les analystes d'Oddo estiment que la disparition d'un concurrent permettrait à tout le secteur, à long terme, d'ajouter 1 point de croissance pour le chiffre d'affaires et d'améliorer de 5 points la marge opérationnelle.effets positifsFrance Télécome;lécom bénéficierait aussi de cet avantage. Le rapprochement permettra aussi de mutualiser les charges liées au développement et à l'entretien du réseau. Mais, en se rapprochant de T-Mobile UK, Orange UK va aussi diluer ses performances financières. En effet, sa marge affiche presque 3 points de plus que celle de T-Mobile UK. Ensuite, un abonné de T-Mobile UK dépense en moyenne 20 % de moins par mois qu'un consommateur téléphonant sur le réseau d'Orange.Pour les investisseurs, la solution de la société commune est bonne pour les deux groupes. Hier, alors que les discussions n'étaient encore qu'officieuses, l'action France Télécome;lécom a gagné 1,54 %, à 18,12 euros, et celle de Deutsche Telekom a progressé de 0,53 %, à 9,45 euros.

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