Les investisseurs craignent une nouvelle révolution en Ukraine

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« Qu'importe le président pourvu qu'on ait le calme ! » clament d'une seule voix les Ukrainiens et les investisseurs étrangers. Rien n'est moins sûr, alors que la candidate Premier ministre, Ioulia Timochenko, est prête à en découdre dans la rue sous le motif que des falsifications massives ont été commises lors du scrutin de dimanche. Lundi après-midi, sur 96 % de bulletins dépouillés, Viktor Ianoukovitch arrivait en tête avec 48,4 % des voix, contre 46 % pour le Premier ministre. Un résultat conforme aux prédictions des sondages, mais l'écart très réduit va encourager Ioulia Timochenko à contester les résultats, comme elle l'avait fait avec succès lors du précédent scrutin de 2004, qui avait fait l'objet de fraudes massives en faveur du même candidat Ianoukovitch.Pour cette édition, en revanche, les observateurs internationaux ne devraient pas lui donner raison. Ioulia Timochenko a largement perdu l'aura progressiste qui surplombait sa natte après le triomphe de la révolution orange du début 2005. Entre les conflits personnels permanents avec ses alliés politiques et ses déclarations populistes, comme la menace de renationaliser un millier d'entreprises, elle a dilapidé son capital confiance. Au seuil du second tour, les hommes d'affaires installés à Kiev avouent certes la trouver « plus sympathique » que son rival, mais ils ne cachent pas que ce dernier incarne bien davantage la stabilité qu'ils recherchent. Ianoukovitch a ainsi garanti en coulisse leur sécurité aux principaux oligarques. Et c'est tout ce qu'ils demandent.de l'espoir pour Tiguipko« Nous nous moquons de qui sera le prochain président, nous voulons des pespectives ! », insiste Karl Hepp de Sevelinges, à la tête du cabinet Gide Loyrette Nouel de Kiev. Une évidence d'autant plus cruciale dans un pays où le président bloque perpétuellement les initiatives de ses Premiers ministres tournants, où les coalitions se font et se défont plus vite que la glace sur le Dniepr et où les députés changent de bord au gré des enveloppes glissées sous le bureau. « Nous avons plus d'espoir dans le probable futur Premier ministre Tiguipko, qui semble être un vrai réformateur », confie l'avocat d'affaires. Ancien patron de la banque centrale, Sergueï Tiguipko, arrivé troisième au premier tour, a offert aux vainqueurs de diriger leur prochain gouvernement. Karl Hepp de Sevelinges note que son cabinet planche depuis quelques mois sur quatre gros investissements étrangers en Ukraine. « Il y a visiblement un regain d'intérêt pour le pays. » Selon lui, les deux risques majeurs restent la dette extérieure de l'État et bien sûr... le risque de contestation des élections. La communauté d'affaires étrangère a déjà été échaudée ces derniers mois par plusieurs mesures gouvernementales, comme la taxation des étrangers doublée de 15 % à 30 %, les changements incessants des lois et la menace de remettre en place le système des visas et des enregistrements obligatoires auprès du ministère de l'Intérieur. « Cela montre un certain infantilisme né d'une frustration des Ukrainiens de n'être pas plus rapidement intégrés dans l'Europe », explique un banquier. Emmanuel Grynszpan, à Kiev

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