La retraite par le mauvais bout

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C'est cette semaine que le débat sur la réforme des retraites va entrer dans le vif du sujet. Et force est de constater qu'il ne va pas y entrer de la meilleure façon qui soit. Passons sur les petites phrases distillées ces dernières heures qui font penser que la messe est déjà dite. La réforme de la retraite, comme le rappelle « La Tribune » dans cette édition, dépend de plusieurs paramètres « techniques », comme sur le tableau de bord d'une voiture. On peut faire varier légèrement ces curseurs pour se donner un peu d'oxygène, en sachant qu'il faudra modifier à nouveau ces réglagles dans quelques années. C'est la façon la plus indolore de préparer l'élection présidentielle de 2012. Et puis on peut « rentrer dans le dur » et tenter d'aboutir à un vrai changement qui permette d'apporter une réponse pour les décennies qui viennent. Mais pour cela, il faut quasiment arrêter de parler de réforme des retraites et parler plutôt de révolution du travail. Car la question est moins de financer la vie de ceux qui ont fini de travailler que d'augmenter le nombre de ceux qui travaillent encore et doivent financer leurs aînés, aussi longtemps que la France maintient son système de retraite par répartition. Cela nécessite de revoir complètement notre façon de vivre le travail des seniors à tous les points de vue?: responsabilité, pénibilité, rémunération. À cet égard, ni les salariés, souvent désireux de partir en retraite rapidement, ni les entreprises - qui préfèrent embaucher des jeunes moins bien payés que conserver les seniors - n'ont de vraie motivation. Il va falloir les y inciter (une loi le prévoit désormais)... ou les y forcer. oprovost@latribune.frOLIVIER PROVOST

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