Camdessus va « contrôler les billets » des traders

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Tremblez, traders : le gendarme des bonus est à vos trousses ! Deux semaines après avoir été désigné par Nicolas Sarkozy, Michel Camdessus a été nommé hier « superviseur des rémunérations des opérateurs de march頻 par arrêté ministériel. L'ancien patron du Fonds monétaire international rejoint ainsi l'Américain Kenneth Feinberg au rang des « tsars des bonus » chargées de censurer les « abus » salariaux dans les salles de marché.« Les six banques soutenues par l'État ont signé une convention dans laquelle elles acceptent la mission confiée à Michel Camdessus, qui collectera de l'information, émettra des recommandations et fera part de ses observations sur les systèmes et les niveaux de rémunération au conseil d'administration ou à l'assemblée générale », a précisé la ministre de l'Économie, Christine Lagarde. L'étude des cas individuels se limitera toutefois aux 100 premiers salaires de chaque groupe au niveau mondial, ce qui signifie que plus de la moitié des professionnels concernés pourraient en fait être basés hors de France.Michel Camdessus veillera à l'application des « principes » adoptés le 25 août à l'Élysée par la Fédération bancaire française après une négociation serrée avec Bercy. Notamment l'interdiction des bonus garantis de plus d'un an, et l'instauration d'un système de bonus-malus. En clair, le paiement de la moitié du bonus annuel sera différé sur trois ans, et conditionné à ses objectifs de long terme. Ce différé atteindra les deux tiers pour les bonus « importants ». Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a estimé hier que le G20 pourrait préciser quelle proportion des bonus doit être considérée comme « importants », donnant comme exemple « entre un quart et la moiti頻 des opérateurs.Ni « tsar », car « l'histoire finit mal », ni « gendarme », car il « ne pense pas que les banquiers soient forcément des voleurs », Michel Camdessus se voit en « contrôleur des rémunérations » : celui qui « contrôle les billets » et dont la présence à bord « rassure ». Prévoyant des « périodes d'activité forte », il a précisé qu'il s'appuierait sur la Commission bancaire, explicitement chargée depuis février de « vérifier l'adéquation entre la politique des rémunérations et les objectifs de maîtrise des risques ». Un contrôle qui s'applique, au niveau français, à toutes les banques en activité. Il devrait aussi disposer d'« un ou deux collaborateurs », dont un « ancien opérateur de march頻. Reste à savoir si ce personnage affable saura faire trembler des banquiers longtemps habitués à l'autorégulation? avec les résultats que l'on sait.

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