Idée N° 2 : organiser un "contre-choc" sur l'emploi

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« En France, nous n'avons pas un problème de retraite, mais un problème d'emploi », estime Henri Sterdyniak. « La situation est simple. Le niveau des retraites est satisfaisant. Et le niveau de vie des retraités, à peu près équivalent à celui des actifs. Et il n'y a pas de raison de descendre en dessous. Il faut donc trouver une solution pour équilibrer à l'avenir le système, soit en augmentant le taux de cotisation, soit en accroissant l'emploi. Solution fondamentale« On peut augmenter un peu le taux de cotisation -- de quatre points en vingt ans, par exemple. Mais pas trop, car d'autres dépenses, comme les dépenses de santé ou de dépendance, entrent en concurrence. La solution fondamentale est l'emploi. Sur les jeunes, il n'y a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Car, même s'ils se mettaient à faire autant de petits boulots qu'en Grande-Bretagne, ça aurait un effet sur le taux de chômage des 15-24 ans, mais pas sur le financement des retraites. De même, le taux d'emploi des femmes est déjà très bon en France. La seule marge de manoeuvre passe par les seniors. A court terme, il faut permettre à chaque salarié d'aller jusqu'à 60 ans. Et ensuite de laisser vivre et se développer la réforme de 2003 pour allonger la durée de cotisation à quarante-deux ans en 2020. Certains pays sont parvenus à augmenter effectivement le taux d'emploi des seniors sans dégrader leur situation. Car le risque, c'est que les entreprises licencient les salariés à 58 ans et que ceux-ci se retrouvent au RSA ou à faire des petits boulots de 58 à 63 ans. Sortie de crise« Il faut donc une mobilisation sociale au niveau des entreprises pour qu'elles changent leurs pratiques et s'engagent, par des accords signés avec les syndicats, sur des objectifs chiffrés. Cette stratégie a été lancée en 2006-2007. Elle s'est heurtée à la crise financière. Désormais, pour ne pas pénaliser l'emploi des jeunes, il est indispensable de ne la mettre en place que dans une situation de sortie de crise. Il faut donc mettre cette stratégie en réserve pendant deux ans et la déployer en 2013 quand l'emploi repartira. Et l'impact financier sera réel. Le report de deux ans de l'âge de départ effectif permettra de gagner 1,4 point de PIB en 2050. »

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